Expressions et dictons argentins

Quand j’habitais en France il y a 5 ans, j’avais bien fait rire (ex.: se tirer une buche), sourciller (ex.: faire un bout) ou laissé pantois (ex.: fucker le chien) mes chers amis parisiens. Remarquez, ils ne m’avaient pas non plus laissé en reste avec des expressions telles que prendre un rateau, rouler une pelle ou tu m’étonnes.

L’espagnol argentin recèle aussi plusieurs perles linguistiques. En voici trois triées sur le volet qui ne manquent pas de panache :

Estas mas bueno/a que comer pollo con la mano (Tu es meilleure que manger du poulet avec la main)
Ce compliment quelque peu vulgaire est employé pour exprimer à quelqu’un qu’il ou elle est très jolie. Je cherche encore un rapport entre manger du poulet avec les mains et la beauté d’une femme (argentine) mais bon… parfois il vaut mieux ne pas chercher trop loin!

Billetera mata galan (Le porte-feuille bat le galant)
Ce dicton révèle que l’homme riche bat l’homme galant dans le coeur des femmes. Messieurs, quand vous sortez avec une femme au restaurant en Argentine, il vaut mieux payer l’addition que lui ouvrir la porte! Bien sûr, mes amies argentines ont toutes démenti avec véhémence la véracité de ce dicton. N’empêche qu’il doit bien tirer ses origines quelque part.

Me chupo un huevo (Je m’en suce une couille)
Je ne pouvais pas m’empêcher de terminer avec cette expression qui m’a bien fait rire quand je l’ai entendue pour la première fois. Huevo signifie oeuf en espagnol et fait aussi référence aux couilles, ce qui me semble plus raisonnable proportionnellement parlant que les Français qui utilisent le mot boules!

Toujours est-il que se sucer une couille signifie ne pas se préoccuper ou donner de l’importance à quelqu’un ou quelque chose. Dans le même registre, les Français diront “Je m’en bats les couilles” alors que les Québécois, très tournés vers l’église lorsqu’ils jurent, vous diront “Je m’en sacre”.

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Voilà qui conclut ce segment sur les joies de l’apprentissage d’une nouvelle langue. Je n’ai toutefois pas fini d’en découdre avec l’espagnol. Je pars la semaine prochaine voir comment se parle la langue au Chili et dans la campagne argentine (région de Mendoza).

Un très joyeux Noël à vous tous au Québec. Je vous souhaite une belle bordée de neige et beaucoup de tourtière!

Soirée de tango à La Catedral

Che boludo!

Ceux d’entre vous qui ont appris une deuxième ou troisième langue auront sans doute un jour fait ce constat douloureux le moment venu de s’aventurer en terre étrangère pour mettre en pratique toute cette belle théorie apprise en classe : les manuels scolaires sont d’un piètre secours lorsque vous devez vous débrouiller seul dans la rue.

Il y a d’abord ce fait historique partagé par les langues coloniales européennes comme le français, l’anglais, l’espagnol et le portugais. Ces langues ayant voyagées sur plusieurs continents ont évoluées différemment au cours des siècles pré-internet (aussi bien dire préhistorique!). Cette réalité qui ne cesse d’étonner les Français en visite au Québec est aussi valable pour l’Espagne et les pays sud-américains. Il existe plusieurs façons de parler une même langue.

Ce qui frappe d’abord quand vous arrivez à Buenos Aires, c’est l’utilisation du vos à la place du tu pour désigner la deuxième personne du singulier. La conjugaison est légèrement différente et on met un temps à s’y faire.

Il y a aussi un accent propre aux Porteños (habitants de Buenos Aires). Le “y” et le “ll” se prononce de façon plus douce comme un “j” français. Par exemple la phrase “Yo llevo las llaves” (j’emmène les clés) est prononcée “Jo jevo las javes”. De la musique à vos oreilles!

Mais ce qui discerne aussi le Porteño de ses confrères hispanophones est l’usage du Lunfardo, nom donné à l’argot de Buenos Aires. Le Lunfardo a été influencé par l’immigration européenne du 19e siècle et est très présent dans les paroles du tango et la vie de tous les jours.

Par exemple, à Buenos Aires on ne va pas a comer (manger) mais bien a morfar. On ne sort pas danser dans les discotecas mais bien dans les boliches. Et si vous avez passez une belle soirée vous pourrez dire que c’était barbaro (barbare).

Tout le monde connaît le Che Guevara mais saviez-vous que ce surnom par lequel il était désigné (son vrai prénom étant Ernesto) vient de l’interjection che utilisée par les Argentins pour ponctuer leurs phrases où appeler quelqu’un? (l’équivalent du tsé ou du au Québec)

Mais le plus représentatif des Lunfardo est sans aucun doute l’expression boludo, qui veut dire idiot mais de façon amicale et qui est utilisée à toutes les sauces. De fait, quand quelqu’un ici vous dit che boludo, ça peut soit vouloir dire “Hey l’ami!” ou “Quel con!” selon le contexte.

Je poursuis cet article demain avec quelques dictons argentins pas piqués des vers!

De la belle visite à Buenos Aires la semaine dernière et de bien bons mojitos au Bakano!

Premières impressions

Cela fait maintenant un mois et demi que je vis à Buenos Aires. Tranquillement, une certaine routine s’est installée avec quatre heures de cours d’espagnol le matin, le boulot jusqu’en début de soirée suivi de tangos ou de bières entre amis.

Voici pèle-mêle quelques-unes de mes premières observations sur Buenos Aires et les Porteños (habitants de Buenos Aires) :

  • Les crèmeries sont à Buenos Aires ce que les cafés sont à Paris ou les pubs à Londres. Je ne sais pourquoi, mais il y a vraiment une crèmerie à chaque coin de rue dans le quartier où j’habite.
  • Les Porteños sont des adeptes de ragots et potins. Ne vous surprenez pas si le chauffeur de taxi vous pose des questions que même votre meilleur ami n’oserait vous poser. Pas de tabous ici!
  • Le coût de la vie n’est pas beaucoup moins cher qu’à Montréal. L’inflation des dernières années à fait grimper les prix. Les coûts liés aux services (resto, taxis, etc.) sont généralement bas mais les produits manufacturés sont aussi chers, voir plus chers qu’ailleurs.
  • Le système de recyclage est assez particulier. Vous mettez tout aux poubelles et quelqu’un éventrera votre sac dans la rue à la recherche du carton et du plastique. Simple, efficace, troublant…
  • Les Porteños sont des gens fort sympathiques et chaleureux en privée mais dépourvus de tout sens civique. Ne vous surprenez pas du nombre crottes de chiens dans les rues ou des automobiliste qui ne cèdent en aucun cas le passage au piéton.

C’est jour d’élections en ce dimanche. Cristina Kirchner est à toute fin pratique assurée de décrocher un deuxième mandat présidentiel, ce qui fait en sorte qu’on ne sent pas vraiment la fièvre électorale en ce moment.

Je vous laisse sur une photo d’un coucher de soleil prise de mon balcon au 15e étage. Dommage que je doive rendre les clés pour déménager samedi prochain…

Départ le 6 septembre!

C’est le 6 septembre que je pars vivre à Buenos Aires en Argentine. Je ne suis encore jamais allé en Amérique du Sud, mais j’ai entendu beaucoup de bien de ce pays du bout de l’Amérique.

J’ai pour objectif d’apprendre l’espagnol (et j’y travaille fort déjà), devenir un danseur de Tango reconnu internationalement (ou simplement apprendre le pas de base) et continuer à travailler pour mes clients montréalais à partir de mon bureau à Buenos Aires.

Je dépoussière donc mon blogue et je compte écrire quelques articles sur la vie en Argentine pendant mon séjour qui se prolongera jusqu’à Noël ou au printemps.

Hasta pronto!

La bonne étoile

19h15. Il pleut à boire debout. Nous sommes arrêtés sous le porche d’une station-service désaffectée en Virginie, pris par surprise par un orage d’une rare intensité. La journée a été particulièrement exténuante : boulevards commerciaux achalandés, routes aux vallons accordéons, le tout sous une chaleur tropicale. Et nous voila maintenant piègés par l’orage à moins d’une heure du couché du soleil avec nul part où loger. Il y a de ces journées… Continue reading

À la ligne de départ

Tout s’enchaîne à la vitesse grand V présentement. De mon retour de Paris lundi jusqu’à ce soir, veille de notre départ, j’ai l’impression que tout déboule trop vite. J’ai peine à croire que nous partons demain à l’aventure. Je ne réalise d’ailleurs pas encore tout à fait que je suis de retour de Paris… Continue reading

L’heure des bilans (suite et fin)

Déjà ma dernière chronique avant le retour à Montréal. J’aimerais avoir davantage de temps pour écrire mais je pars en Normandie avec des amis salseros ce week-end et j’ai de la belle visite de Chine la semaine prochaine. J’ai décidé de clore ce chapitre de mon blog avec un petit top des choses qui ont constitué mon quotidien à Paris et me manqueront de retour à Montréal. Continue reading

L’heure des bilans (Partie 1)

C’est avec un mélange de satisfaction et de nostalgie anticipé que je repars pour Montréal dans deux semaines, soit le 1ier juillet. Satisfaction parce qu’en un an à Paris, j’aurai vécu d’innombrables aventures. Je me suis imprégné de cette culture française à travers les grands événements qui ont ponctués mon séjour ici, que ce soit la coupe du monde de football (soccer) où les français se sont hissés jusqu’en finale contre toute attente ou encore les élections présidentielles qui ont pris fin le week-end dernier. Continue reading

La Pologne sans image

De retour de Pologne, je n’ai malheureusement pas de photos à vous montrer de ce charmant pays que j’ai découvert au cours de la dernière semaine. Pendant le trajet de Cracovie à Budapest, Philippe, l’ami avec lequel je voyageais, s’est fait volé son appareil photo ainsi que son téléphone cellulaire. Malheureusement pour nous, l’ensemble de nos photos de voyage se trouvait sur l’appareil. Continue reading

La Suisse en images

Je suis allé passer la fin de semaine de Pâques en Suisse et j’en ai profité pour rendre visite à des amis rencontrés lors de voyages précédents. Comme ce blogue manque décidemment de photos, je vous raconte cette chronique en images plutôt qu’en mots. (Bon, je ne peux m’empêcher d’en placer quelques-uns mais seulement un minimum, promis!) Continue reading

Chronique politique du troisième homme

Comme l’indique si bien le titre, j’ai aujourd’hui envie de vous causer politique. Je sais que je vous ai habitués aux récits de voyage plutôt légers mais il est plus que temps de rehausser un peu le niveau de ce blogue. Ce n’est pas demain la veille que je gagnerai le Pulitzer du meilleur correspondant à l’étranger si je me contente de faire bêtement la critique de la bureaucratie française. (de toute façon on ne peut pas battre les Français quand vient le temps de critiquer le système et faire la révolution!) Continue reading

Expression française du jour : Rouler une pelle

Les Français ne «french» pas, ce serait… euh… une tautologie en quelque sorte! Ils roulent plutôt des pelles! Donc si vous venez en France et que vous êtes assez chanceux pour ne pas prendre de râteau (se faire «virer de bord» au Québec), vous roulerez peut-être des pelles! L’univers linguistique de la drague française prend décidemment des airs de jardinage…

Journée bureaucratique

Je vous écris ce matin de la salle d’attente des bureaux de la caisse primaire d’assurance maladie. J’attends patiemment mon tour afin de recevoir mon numéro de sécurité sociale, équivalent en France de la carte d’assurance-maladie. Ensuite, je dois passer à la préfecture de police pour ma carte de séjour et encore à la banque afin de récupérer ma nouvelle carte Bleue. Bref, j’ai pris congé du bureau en ce lundi pour affronter la terrible machine bureaucratique française. Continue reading

Parler bilingue

De retour à Paris, je peux vous dire que les Français cherchent comme nous l’hiver. Les températures avoisinent ici les 12°C et personne ne s’en plaint! Je fus tout de même déçu de ne pas avoir pu profiter pleinement des joies d’un bel hiver enneigé au Québec. Encore plus déçus étaient les Français sur mon vol de retour. Ils étaient venus vivre l’expérience du grand froid canadien (qui a un statut presque mythique ici en France). Imaginez leur déception lorsqu’ils sont débarqués à Montréal avec leurs Kanuk et leurs raquettes! Continue reading

Mythes et légendes

Si mon calendrier de chocolats ne se trompe pas, il ne reste plus qu’une semaine avant Noël et, par le fait même, mon retour à Montréal. Deux petites semaines à la maison, le temps de faire le plein de dinde et d’énergie! Après mes deux derniers Noël en Tunisie et en Chine, celui-ci ne manquera pas d’être festif (tant que faire du chameau dans le désert en décembre, ce n’était pas mal non plus!). Continue reading

Allez les Bleus!

Dans moins d’une heure sera donné le coup d’envoi de la demi-finale du Mondial de foot opposant la France au Portugal. Alors s’installera dans les rues désertes de Paris un silence inhabituel. Seuls resteront quelques touristes un peu perdus et autres retardataires cherchant anxieusement une petite place dans un bar ou un café diffusant le match, plus bondés que les RER parisiens (métro) en heure de pointe. Continue reading