De retour à Paris, je peux vous dire que les Français cherchent comme nous l’hiver. Les températures avoisinent ici les 12°C et personne ne s’en plaint! Je fus tout de même déçu de ne pas avoir pu profiter pleinement des joies d’un bel hiver enneigé au Québec. Encore plus déçus étaient les Français sur mon vol de retour. Ils étaient venus vivre l’expérience du grand froid canadien (qui a un statut presque mythique ici en France). Imaginez leur déception lorsqu’ils sont débarqués à Montréal avec leurs Kanuk et leurs raquettes!

Bon, bon… Ce n’est pas de météo ou de réchauffement climatique dont j’ai envie de vous entretenir aujourd’hui mais bien de langue. Les langues sont un sujet qui me passionne et qui suscite les passions d’où je viens. Mes voyages n’ont fait que renforcer cet intérêt. La langue est une identité au même titre que la religion, l’ethnie ou le sexe et les relations qu’un peuple entretient à l’égard de sa langue sont multiples.

D’emblé je vous le confirme, on parle généralement mieux français en France (ou du moins à Paris) et nous sommes davantage bilingues au Québec. Les Français n’ont d’ailleurs pas la relation ambiguë avec l’anglais que nous entretenons en général au Québec. Plus confiants de la pérennité de leur culture et de leur langue, les Français ne voient généralement pas d’un mauvais oeil les grandes entreprises qui affichent ou diffusent des publicités à la télévision dans la langue de Shakespeare (sous-titrés bien sûr). Des pratiques qui feraient scandales au Québec ne font pas remuer la moindre vaguelette ici. Aucun équivalent à notre loi 101 donc.

Je me suis souvent conforté dans l’idée que si le français au Québec s’anglicise, le phénomène est aussi palpable en France. Or je constate que contrairement aux Québécois, les Français sont pleinement conscients de leurs anglicismes. C’est d’ailleurs particulièrement loufoque à quel point les Français raffolent des mots anglais en «ing» : meeting, planning, pressing, parking et le très populaire shopping. Ils sont même allés jusqu’à inventer un mot anglais de leur cru : le footing!

Les Français utilisent l’anglais dans la vie courante principalement pour le chic de la langue. De la même façon, les anglophones font usage de mots français pour faire preuve de raffinement, de culture. Toutefois un anglophone qui dirait «This hors-d’œuvre was such a faux-pas!» sait pertinemment qu’il vient de prononcer du français. (Ne me demandez pas dans quelles circonstances une phrase pareille pourrait être employée!)

Ce qui m’amène au cas du Québec. Vous me trouverez peut-être un peu dur mais je réalise à quel point l’anglais au Québec est souvent utilisé comme béquille à un français déficient. Quand je vous entends dire «Le goaler a savé la puck devant le net», je me demande si vous êtes conscients de la pauvreté de votre français. Chaque fois que vous employez les verbes checker, shipper, catcher, flusher, packer, scotcher, crasher, kicker, et j’en passe, êtes-vous conscients de l’anglicisme?

On se targue au Québec d’avoir une traduction française pour tout. Ne sommes-nous pas après tout le pays où nous magasinons, envoyons des courriels et allons chez le nettoyeur? Il nous arrive même de clavarder et faire de la baladodiffusion! Comment se fait-il alors qu’une société aussi consciente et fière de son patrimoine linguistique que la nôtre ne soit pas plus vigilante?

Je sais que plusieurs d’entre vous avez envie de m’accuser d’intégrisme linguistique. C’est bien connu au Québec que quelqu’un qui s’exprime trop bien est avant tout un snob d’intello ou pire : un maudit Français! Vous vous dites peut-être aussi, non sans raison, que les langues sont vivantes et évoluent. Je serais peut-être de votre avis si le français n’était parlé qu’au Québec. Ce n’est heureusement pas le cas. Le français rayonne dans plus d’une trentaine de pays partout à travers le monde et reste la deuxième langue étrangère la plus enseignée après l’anglais. J’ai eu la chance de trouver des gens avec qui converser en français partout à travers le monde. C’est cette langue commune qu’il est important de préserver au Québec. Nous n’avons aucun intérêt à nous isoler et nous complaire dans un franglais que seuls sept millions de gens seront à même de comprendre.

On ne pourra jamais faire fi de la réalité géographique voulant que nous soyons un peuple de 7 millions de francophones entourés de près de 350 millions d’anglophones. Le bilinguisme est et doit plus que jamais devenir un des atouts premiers du Québec. Il serait toutefois désolant que cela se fasse au détriment du français. J’ose espérer qu’il est encore possible d’être bilingue au Québec tout en parlant bien français.

Plutôt que d’être cynique et de voir la survie du français en Amérique du Nord comme un combat perdu d’avance, je vous invite à prendre conscience de la langue qui est vôtre et de vous l’approprier. Elle est au cœur de notre identité et constitue un dernier rempart contre l’appauvrissement culturel de notre société.

Si mon calendrier de chocolats ne se trompe pas, il ne reste plus qu’une semaine avant Noël et, par le fait même, mon retour à Montréal. Deux petites semaines à la maison, le temps de faire le plein de dinde et d’énergie! Après mes deux derniers Noël en Tunisie et en Chine, celui-ci ne manquera pas d’être festif (tant que faire du chameau dans le désert en décembre, ce n’était pas mal non plus!).

Ça fait maintenant un peu plus de six mois que je suis installé à Paris et je commence à me faire une meilleure idée de la vie ici. Certains de mes préjugés sont tombés, d’autres ont quand même la vie dure.

Par exemple, ce fameux mythe du garçon de table impatient qui fait semblant de ne rien comprendre à votre bon parlé québécois. Il se trouve d’abord que cette tradition des garçons de table est entrain de se perdre à Paris. On en voit de moins en moins, si ce n’est que dans ces établissements chics où vous payerez 8 euros pour un Perrier. Et encore, les serveurs et serveuses sont généralement plutôt courtois et souriants.

Par contre, ce n’est pas peu dire que le service à la clientèle est de moins bonne qualité en France. Je vous ai brièvement raconté mes mésaventures pour l’installation d’Internet (ça s’est finalement réglé mais je ne vous raconte pas comment!) et j’ai bien d’autres anecdotes, notamment le cauchemar de la location d’une voiture… Je me dis que la réputation des Français d’être d’éternels râleurs doit bien venir du fait qu’ils reçoivent un si mauvais service. C’est complémentaire!

Une habitude française qui m’a aussi plutôt surprise à mon arrivé est la façon avec laquelle les gens se saluent le matin au bureau. À l’arrivé le matin, chacun commence sa journée en faisant le tour de l’équipe pour distribuer les poignées de main ou la bise aux filles (au singulier dans mon équipe puisque nous n’avons qu’une fille!). Comme nous sommes une vingtaine dans l’équipe, cela fait vingt poignées de main en arrivant le matin. La chose est plutôt sympathique tant que vous n’êtes pas le premier arrivé au bureau. Parce que se faire déranger vingt fois en l’espace d’une heure pour serrer des mains, ça peut vite devenir déconcentrant. J’ai réglé ce léger désagrément en m’assurant d’être toujours le dernier arrivé au bureau!

Les différences linguistiques m’ont aussi quelques peu surpris. Saviez-vous par exemple que des expressions aussi communes que bon matin ou à tantôt ne sont pas utilisés en France. Le serveur de la sandwicherie où je vais les midis à même dû retenir un fou rire lorsque je lui ai demandé une pointe de tarte. Je me fais d’ailleurs maintenant appeler Monsieur Canada au resto…

Tiens parlant de Canada, tous les Français ne semblent pas bien saisir l’ambiguïté de l’usage des mots Québec et Canada qui ont pour nous une teneur très politique. Je ne m’étendrai pas sur le concept de nation ici puisque j’ai écho que le débat fait déjà rage au Québec. Reste que j’ai été bien surpris cet été de voir partout dans les journaux le film Crazy présenté comme une production canadienne. Ou encore Pierre Lapointe (qui était en spectacle à Paris) de se faire étiqueter «Chanteur canadien». Bien qu’on ne soit pas tous d’accord sur la question nationale, le Québec au sens de nation culturel me semble aller de soit. Un film québécois et un film canadien, ce sont deux choses différentes non?

Champs Élysés

Paris vibre maintenant au temps de Noël et les Champs-Élysées sont éclairés de milles feux. C’est de toute beauté de se promener la nuit sur cette grande allée avec l’impression d’être en plein jour tellement c’est lumineux. Et cet après-midi je suis allé faire mon «shopping» (désolé, le terme magasinage n’est pas très en vogue ici…) aux Galeries Lafayette. Vous auriez dû voir l’arbre de Noël géant au centre de la place. Je retournerai sur mon heure du midi pour vous en prendre quelques photos cette semaine.

Un Joyeux Temps des Fêtes à tous et j’ai bien hâte de vous rejoindre très bientôt!

Alors oui, ce blog prend la poussière je sais. Comme je l’avais écrit la dernière fois, je n’ai toujours pas Internet à la maison. D’ailleurs le bilan commence à être lourd. Depuis mon emménagement sur la rue de l’Aqueduc sont venus :

  • 1 technicien de France-Télécom (téléphone)
  • 7 techniciens Noos (câble)
  • 7 techniciens réseaux (encore le câble…)
  • 1 technicien Ozone (wifi à travers Paris)

Bilan de ces 16 visites : pas d’Internet ni de téléphone. Mais rassurez-vous, un technicien doit repasser la semaine prochaine… Je ne vous expliquerai pas le pourquoi du comment mais toujours est-il que je suis dans la situation très particulière où j’habite en plein centre d’une des plus grandes métropoles du monde sans avoir accès à ces deux services de base.

Cette privation de moyens de communication m’a fait réaliser à quel point nous sommes devenus dépendant de cette merveilleuse technologie qu’est l’Internet. Le manque est probablement encore plus criant pour le jeune ingénieur logiciel globe-trotter que je suis.

Heureusement Paris est une ville formidable où il y a tant à voir et à faire qu’on oublie vite le reste. Ça fait maintenant quatre mois que je suis à Paris et j’y suis comme un poisson dans l’eau. Mon oncle Camille m’a envoyé cette liste d’indices que tu t’es adapté à la vie Parisienne et que je trouve plutôt rigolo :

  1. Tu cours partout et tu ne te fais plus dépasser à la sortie du métro.
  2. Tu es plus impulsif. Tu traites les gens de grand couillon.
  3. Tu t’es acheté un chien qui laisse des petit tas un peu partout dans la rue.
  4. Tu as développé un petit sentiment de supériorité.
  5. Tu commences à trouver que ta mère a un petit accent.
  6. Tes amis brûlent des voitures la nuit.
  7. Tu t’es acheté un ballon de football.
  8. Tu préfères le vin à la bière.
  9. Tu te gares n’importe où et n’importe comment.
  10. Tu traînes ton pain baguette sous ton bras.

Après réflexion, je crois que je suis rendu à mi-chemin :

  1. Je marche pour aller au boulot plutôt que de prendre le métro. Grand bien m’en fasse car il pue la pisse le métro parisien! Cela dit, il est bien plus efficace que notre piteux métro montréalais.
  2. Je suis probablement plus impulsif et impatient. On ne peut pas faire autrement avec ces hordes de touristes qui bloquent les rues, flânent et prennent des photos des pigeons parce que Paris c’est tellemennnnt romantique. Mon c** oui!
  3. Je ne me suis pas acheté de chien mais j’ai bien appris à faire attention de garder les yeux ancrés au sol pour bien éviter les petits «tas» qui, même s’ils sont moins nombreux qu’à une autre époque, font encore partis du paysage parisien.
  4. Je n’ai pas développé de petit sentiment de supériorité mais j’ai aussi laissé le complexe d’infériorité à la maison. Les Français adorent vraiment l’accent québécois. Et ils sont aussi bien capables de massacrer leur propre langue à force de verlan et d’anglicismes.
  5. Ma mère n’a pas encore de petit accent et m’appelle toutes les fins de semaine pour s’assurer que je n’en prenne pas un moi-même!
  6. Mes amis ne brûlent pas de voiture mais il y en avait une brûlée au coin de ma rue la semaine dernière. Devant le poste de police… C’est tout dire!
  7. Je n’ai pas de ballon de foot mais j’ai finalement appris les règles et les stratégies avec le Mondial qui a soulevé les passions ici cet été. Allez les Bleus!
  8. Pas le choix de préférer le vin à la bière au prix qu’il coûte en France. J’ai vécu les deux derniers mois avec une œnologue (c’est une personne qui fait du vin, moi non plus je savais pas!) alors j’ai aussi appris quelques trucs sur la chose.
  9. Je n’ai pas d’auto à Paris mais je suis régulièrement témoin de ces stationnement (ou parking comme ils disent en français!) style auto-tamponneuse. Dur dur pour le pare-choc!
  10. Le pain baguette sous le bras non plus n’est pas un mythe. Après l’avoir retrouvé une fois écrasé au fond de mes emplettes, j’ai vite compris que l’endroit le plus pratique pour le trimbaler, c’est encore sous le bras!

Comme vous pouvez le constater, j’essaie de prendre le meilleur des deux mondes. Je ne sais pas si on s’adapte vraiment à Paris ou si on ne finit jamais d’être étonné. Chose certain, il m’en reste encore beaucoup à voir et à goûter et j’espère bien vous ramener quelques belles anecdotes et images d’ici à Noël.

Probablement mon expression favorite jusqu’ici: prendre un rateau.

Mise en situation: Vous êtes confortablement acoudé au bar quand une jolie demoiselle se poste à côté de vous pour commander un verre. Vous sortez alors le grand jeu pour amadouer la belle. Avant même d’avoir eu le temps de faire valoir tous vos arguments et votre maîtrise de l’art du charme et de la drague, la douce (pas si douce que ça) vous envoie paître et tourne les talons.

Ça y est, vous avez pris un rateau! Remarquez que j’ai donné un exemple masculin mais le rateau peut se prendre ou se donner d’un côté comme de l’autre, enfin je veux dire par l’homme ou la femme, pas par le manche ou les dents. Vous avez compris…

J’aime le côté graphique de l’expression. Je n’ai pas vraiment non plus trouvé d’équivalence propre au Québec. Serait-ce que les Québécoises sont moins farouches?

Je sais, ça fait déjà une éternité (un mois pour être plus précis) que je n’ai pas donné de nouvelles sur mon blog. Trois bonnes raisons pour expliquer ce long silence radio:

  • Un nouveau mandat à la BNP-Paribas (plus grande banque de France).
  • L’incompétence des techniciens du câble, ce qui fait que je n’ai toujours pas Internet ni le téléphone à l’appartement.
  • Une nouvelle flamme rousse… (dont je taierai les détails sur ce blog!)

Et peut-être une quatrième raison qui est la canicule qui a sévit sur Paris au cours des dernières semaines et qui appelle à la farniente dès la journée de travail terminée. Mais je ne me plains pas, j’ai ouïe dire entre les branches que vous ne l’avez pas eu facile à Montréal non plus.

Je commence à me faire à la vie parisienne et j’ai beaucoup à vous conter. En attendant d’avoir le temps de tout mettre par écrit, je passe la fin de semaine en Bourgogne où je visite une amie dans le coin d’Auxerre. Le rythme et le calme de la campagne contrastent avec le stress ambiant à Paris. J’en ai bien sûr profiter pour visiter les caves du coin et faire le plein de bonnes bouteilles. Je compte en mettre quelques-unes dans mes valises pour mon retour à Montréal la fin de semaine prochaine.

Eh oui, je reviens faire un tour à Montréal la semaine prochaine, question de récupérer mon visa et faire le plein de poutine et de sirop d’érable! J’en profiterai aussi pour revoir amis, famille et l’amour de ma vie qui se languit dans le garage (lire mon vélo!). J’esserai de vous poster quelques photos bourgognaises au courant de la semaine.

Et pendant qu’on y est, il faudrait aussi que je vous parle du Tour de France qui s’est conclu il y a deux semaines à Paris. J’ai réalisé un vrai rêve de gamin en étant aux premières loges pour voir ces athlètes plus grands que nature filer à plus de 50 km/h sur les pavés des Champs Élysées.

Je m’arrête ici mais j’ai bien hâte de vous voir la semaine prochaine et j’espère avoir des nouvelles de Montréal même si je n’en donne pas beaucoup de Paris pour le moment!

Dans moins d’une heure sera donné le coup d’envoi de la demi-finale du Mondial de foot opposant la France au Portugal. Alors s’installera dans les rues désertes de Paris un silence inhabituel. Seuls resteront quelques touristes un peu perdus et autres retardataires cherchant anxieusement une petite place dans un bar ou un café diffusant le match, plus bondés que les RER parisiens (métro) en heure de pointe.

Depuis un mois, le cœur des Français bat au rythme de cette équipe de foot qui ne cesse de faire rêver et les discussions au bureau tournent toutes autours d’un même sujet : jusqu’où iront-ils? Tout le monde devient alors expert et y va de pronostics parfois farfelus, toujours partisans.

Je lis les avis d’experts dans le journal sportif l’Équipe le matin en me rendant au bureau et je les fais miens autour de la machine à café. Je ne comprends pas toujours moi-même tout ce que je dis mais l’important dans ce genre de situation c’est d’y croire.

Les parallèles avec le fanatisme montréalais pour le hockey sur glace sont frappants. Les Français sont les plus pessimistes et critique de leur équipe que peuvent l’être les Montréalais.

Après deux matchs préparatoires assez moyens contre la Suisse et la Corée, le verdict fut unanime : les bleus sont vieux, lents et Zidane est mur pour la retraite. Maintenant que l’équipe est sur une chevauchée digne des grands jours de la coupe du monde de 1998 (gagnée par les français), voilà que les Bleus deviennent expérimentés (à ne pas confondre avec vieux!) et Zidane devrait resonger à sa retraite car c’est le plus grand joueur de tous les temps!

Dans deux heures lorsque les bleus auront battus le Portugal 2-0 (voyez que c’est pas difficile d’avoir l’air connaisseur!), les klaxons retentiront dans toute la ville (et durant toute la nuit!) et les gens envahiront les Champs Élysées par milliers.

Après plusieurs années d’échecs difficiles (les Olympiques perdus au profit de Londres, le rejet de la constitution européenne…) et de conflits qui ont stigmatisés la société française (on n’a qu’à penser aux CPE ou aux émeutes dans les banlieues), voilà que le ballon rond vient réconcilier un peuple qui en avait bien besoin.

Demain matin dans le métro, ce sera comme à l’habitude : des wagons bondés et une chaleur suffocante. À une exception près,  les gens souriront. Allez les Bleus!

Dur dur pour l’exilé québécois d’être loin de la maison durant sa fête nationale. Fort heureusement, la St-Jean-Batiste est aussi célébrée à Paris même si ce n’est pas aussi patriotique qu’un concert des Loco Locas et Cowboys Fringants à l’Ile Notre-Dame.

Pour l’occasion, le consulat du Québec à Paris avait fait fermer la rue devant le consulat et la fête s’est déroulée au rythme des Charlebois, Harmonium et Leloup. La bonne bière québécoise était à l’honneur (je ne parle pas des Molson et Labatt) et même la poutine était de la partie. Malheureusement, celle-ci s’exporte moins bien que la bière. Des frites mal cuites, du fromage cheddar coupé en cubes (rien à voir avec le vrai fromage en grain) et une sauce qui ressemblait plus à une sauce à Hot Chicken qu’une vraie sauce à poutine. Le tout pour 4 euros (6$CAN). Faut croire que le coût de la poutine aussi s’exporte bien mal à Paris!

Voilà maintenant deux semaines que je suis confortablement installé dans mon studio appartement du 10e arrondissement et comme promis, voici les premières photos de mon douillet chez moi!

L’appartement est situé non loin du Canal St-Martin, superbe allée bordée d’arbres qui descend tout droit jusqu’à la place de la Bastille. Il y a aussi la gare de l’Est et du Nord dans le coin. D’ailleurs la première photo qui suit est prise du pont qui traverse les rails du chemin de fer. Le deuxième immeuble est le mien.

Voici maintenant une photo de la devanture de l’immeuble. Plutôt modeste, rien à voir avec ces bâtiments centenaires que l’on trouve dans d’autres quartiers. Il faut faire avec ses moyens quand même!

Alors on entre. La pièce principale est constituée d’un grand lit (deux lits simples collés en fait, ce qui peut être pratique pour accueillir la visite non-mannequin et non-brésilienne), d’une table avec une petite télévision (primordial pour suivre le Mondial de foot) et mon ordi. Sur la table de chevet, il y a aussi un chaîne Hi-Fi décorative puisque je n’ai pas de prise de courant pour la brancher…

Dans la même pièce, on retrouve une grande commode et une petite table avec trois chaises. On aperçoit la salle de bain à droite. On ne peut distinguer sur la photo mais je suis particulièrement fier que le motif bleu-blanc de ma literie s’agence parfaitement avec le même motif du rideau de douche. Non mais vraiment, tout est dans les détails!

Les cuisines parisiennes sont vraiment des exemples ingénieux d’optimisation de l’espace. Au dessous des ronds de poêles, une laveuse! Et encore, le four au-dessus du frigo. Tout à portée de main, idéal jusqu’au jour où vous retrouvez la peinte de lait dans le four!

La dernière photo est la magnifique vue de Paris que j’ai en ouvrant les rideaux le matin. Alors, jaloux? Ben quoi, vous ne vous attendiez tout de même pas à une Tour Eiffel! Faut voir le côté pratique de la chose : pas besoin de se promener avec une serviette autour de la taille en sortant de la douche le matin!

Voilà qui fait le tour de mon modeste 27 m². C’est ouvert à la visite mais il faut réserver d’avance parce qu’un appartement au cœur de Paris, ça part vite quand même!

On m’avait prévenu dès le départ que trouver un logement à Paris n’est pas une tâche aisée. Non seulement c’est cher, mais les bons appartements partent extrêmement vite. Essentiellement, c’est le jeudi que ça se joue. Le journal des petites annonces paraît le matin et tout de suite il faut se mettre sur le téléphone pour contacter les proprios et prendre rendez-vous les visites.

J’ai la chance de ne pas trop être bousculé dans mes démarches vu que la compagnie me prête un appartement le temps que je me place. Les autres détachés québécois avant moi ont mis en général entre deux semaines et un mois pour trouver.

***

Premier rendez-vous jeudi soir après le boulot pour la visite d’un trois et demi (en France on dit un 2 pièces, la cuisine et la salle de bain n’étant pas comptées) situé dans le 17e arrondissement, à une jetée de pierre de l’Arc de Triomphe.

Le quartier est superbe. De belles devantures en marbres, des balcons fleuris et des boulangeries à tous les coins de rue. Je suis déjà enthousiasmé à l’idée de vivre dans le coin. Je pousse la grande porte de l’immeuble et pénètre dans la cour intérieure. La propriétaire m’a indiqué de prendre l’entrée tout au bout de l’allée.

J’avance dans l’allé et j’aperçois une petite construction chambranlante (mot typiquement Québécois, qui l’eut cru!) tout au fond de la cour qui devait servir d’écurie à une autre époque. Je déchante vite lorsque je réalise que l’appartement que je m’apprête à visiter est situé à l’intérieur de cette petite bâtisse plutôt moche. Les choses ne s’arrangent pas en pénétrant à l’intérieur.

La propriétaire m’annonce d’entrée de jeu que je suis le cinquième à qui elle fait faire la visite et que les cinq visiteurs précédents se sont tous  montrés très intéressés. Il y a donc très peu de chance qu’elle me loue l’appartement mais accepte tout de même de me le faire visiter. C’est lugubre, minuscule et la salle de bain a été inondée et commence à pourrir.

Pour ne pas être en reste devant les autres qui sont passés avant moi, je dis aussi à la propriétaire que je suis très intéressé. Ça sonne faux et elle ne me rappellera pas.

Loyer du petit appartement moisi dans ce qui semble être une ancienne écurie : 1200$CAN par mois. Ouch! Et tous les visiteurs avant moi se sont montrés intéressés. Décidemment…

La visite m’a tout de même appris deux trucs. Un : Viser un quartier moins luxueux où les loyers sont un peu plus décents. Deux : Être le premier à visiter et ne pas hésiter si cela s’avère intéressant.

Le lendemain soir, j’ai une visite dans le 10e arrondissement. Si j’avais à comparer l’arrondissement à un quartier de Montréal, je dirais probablement Parc-Extension. Quartier multiethnique, qui craint un peu autours des gares (la gare du Nord et de l’Est sont situés dans le 10e) mais qui se fait plus bohème sur les berges du canal St-Martin.

L’appartement que je visite se trouve entre la gare et le canal. Les locataires qui s’apprêtent à déménager font eux-mêmes les visites pour le propriétaire. Celles-ci commencent à 19h. Je suis là à 18h30 afin d’être bien sûr d’être le premier. Ils me font faire le tour de l’appartement. C’est vite fait puisque c’est un studio d’une pièce (plus une petite cuisine et la salle de bain).

L’appartement est plutôt propre et raisonnablement meublé. Coût du loyer : 1000$CAN par mois pour cet appartement qui fait 25 m². Cette fois je n’hésite pas. Je sors mon portable (c’est une téléphone ici et non un ordinateur. On s’habitue…) et j’appelle le proprio. On signe les papiers samedi matin!

Il me dit le samedi avoir reçu plusieurs offres pour l’appartement, dont une d’une mannequin brésilienne. Il a tout de même décidé de conclure avec moi puisque je fus le premier à proposer. Je lui dis que si la mannequin brésilienne est toujours intéressée, je peux considérer la colocation. Je sais, j’ai un grand cœur et je n’ai jamais supporté de voir souffrir les mannequins brésiliennes…

***

Alors me voici donc maintenant emménagé, au 28 rue de l’Aqueduc dans le 10e arrondissement de Paris. J’aurai sûrement l’occasion de vous parler de la petite vie de quartier bientôt et je vous promets quelques photos de l’appart dès que je l’aurai mis à mon goût. Il sera ouvert à la visite sous peu mais il faut réserver d’avance et être très gentil avec le nouveau locataire!

Tu m’étonnes! Mon amie Nafia a bien dû me le répéter 100 fois au cours de la fin de semaine. Comme il n’y avait pourtant rien de bien étonnant dans ce que je racontais (je travaille dans l’informatique financière après tout…), j’ai fini par l’interroger sur le sens de ce «tu m’étonnes».

Il se trouve que c’est utilisé simplement pour mettre l’emphase sur ce que l’autre affirme. Un peu comme «Mets-en» au Québec. Étonnant tout ce nouveau vocabulaire…

Immeube où j'habiteLundi matin, 7h00. Je me regarde dans le miroir de ma garde-robe. J’ai le teint plutôt frais mais les yeux bouffis et cernés par le manque de sommeil. Un mélange de décalage horaire et de l’éternel peur d’arriver en retard à la première journée au boulot (qui a pour conséquence le réveil brutal à chaque heure de la nuit avec la nette impression d’être passé tout droit).

Raison de plus pour angoisser, aujourd’hui c’est ma carrière qui commence. Quel grand mot plein de prétention! Ma carrière… J’y pense en ajustant le col de ma chemise et en m’assurant que le veston n’a pas trop froissé pendant le voyage en avion. Puis je me retourne vers le lit où est sagement posée ma cravate. Elle a l’air de me narguer, toute avachie sur la couette. Je n’essaie même pas de la nouer. Dix-huit ans d’éducation et toujours pas foutu de nouer une cravate. Je la mets tout de même dans mon sac au cas où j’arriverais au bureau et réaliserais que je suis le seul décravaté de la place.

Continuer la lecture de «Un détaché en mission à La Défense»

Bienvenue sur mon blog «Exode Parisien»! Ce blog est mon espace personnel pour parler de mes découvertes, mes anecdotes et simplement de la vie à Paris en général. J’espère écrire de façon régulière (idéalement de façon hebdomadaire) et je vous invite donc à revenir visiter le site fréquemment.

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Campagne StyrienneLe train ralentit, puis s’arrête devant une petite bâtisse verte aux allures de grange, dressée entre les champs et les collines environnantes. Bienvenue à Lebring, petit bourg de la campagne Styrienne, une trentaine de kilomètres au sud de Graz. C’est à cet arrêt que chaque matin je descends pour me rendre au travail.

Sur la petite route de gravier bordée de maisons coquettes aux couleurs arc-en-ciel, je marche d’un pas rapide pour tromper en vain le froid automnal et le brouillard matinal. Deux gentils canards me suivent tous les matins en poussant des couac-couac qui se perdent en écho dans la plaine.

Continuer la lecture de «Chocs et polyglottisme»

Ana regarde autour d’elle, l’air interloquée. Les murs sont couverts de graffitis, certains rappelant vaguement le style créatif en vogue dans ces lieux d’expression libre que sont les toilettes publiques. Un immense pénis est d’ailleurs dessiné au feutre noir sur la porte de sa chambre. Nous la regardons tout aussi amusés. Depuis que Ratapon (notre drôle de coloc thaïlandais) est parti, nous savions qu’un nouvel étudiant prendrait bientôt sa place dans l’appartement, mais nous n’avions pas envisagé que ce pourrait être une petite Croate, jolie de surcroît.

«Vous avez quelque chose pour nettoyer les vitres», qu’elle demande. On se regarde en réalisant pour la première fois qu’il y a des vitres dans l’appart. Puis soudain Michaël, notre grosse brute d’allemand timide qu’on surnomme affectueusement Micha, lui propose d’utiliser notre poison anti-coquerelles. C’est là une idée de son cru qui est en fait une simple bouteille de Windex. Mais Micha a constaté qu’en dose suffisante, le Windex a des propriétés insecticides fulgurantes. Qui plus est, ça garde l’appart propre. Un deux en un donc. Ana nous trouve tous un peu débile léger mais elle a un moral d’acier. Elle appellera l’exterminateur demain qu’elle dit.

Continuer la lecture de «L’auberge autrichienne»

Un clochard déambulant dans la rue, une radio sous le bras crachant de la musique classique. Un troubadour chantant l’opéra au pied du palais impérial des Hasbourg. Bienvenue à Vienne, capitale culturelle de l’Europe! Clichés vous dites? N’empêche, ce sont de petites scènes du quotidien dont j’ai été témoin et qui m’ont fait sourire.

Le quotidien, la vie de tous les jours, et toutes ces petites anecdotes cocasses dont on est témoin ou victime en voyage à l’étranger, j’aurai l’occasion de les partager avec vous dans les prochains mois. J’entreprends dès jeudi un stage d’étude à Graz, en Autriche, qui s’étalera jusqu’aux Fêtes. Pour ceux qui ont suivis mes aventures Hong-Kongaises, le style et le format seront sensiblement les mêmes. Vous pouvez toujours cliquer sur les photos attachées au courriel pour l’aggrandi et quelques explications.

Continuer la lecture de «Principes chinois appliqués au dialecte autrichien»

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