Si mon calendrier de chocolats ne se trompe pas, il ne reste plus qu’une semaine avant Noël et, par le fait même, mon retour à Montréal. Deux petites semaines à la maison, le temps de faire le plein de dinde et d’énergie! Après mes deux derniers Noël en Tunisie et en Chine, celui-ci ne manquera pas d’être festif (tant que faire du chameau dans le désert en décembre, ce n’était pas mal non plus!). Continue reading
Adaptation parisienne
Alors oui, ce blog prend la poussière je sais. Comme je l’avais écrit la dernière fois, je n’ai toujours pas Internet à la maison. D’ailleurs le bilan commence à être lourd. Continue reading
Expression française du jour: Prendre un rateau
Probablement mon expression favorite jusqu’ici: prendre un rateau. Continue reading
Blog Buissonière!
Je sais, ça fait déjà une éternité (un mois pour être plus précis) que je n’ai pas donné de nouvelles sur mon blog. Trois bonnes raisons pour expliquer ce long silence radio: Continue reading
Allez les Bleus!
Dans moins d’une heure sera donné le coup d’envoi de la demi-finale du Mondial de foot opposant la France au Portugal. Alors s’installera dans les rues désertes de Paris un silence inhabituel. Seuls resteront quelques touristes un peu perdus et autres retardataires cherchant anxieusement une petite place dans un bar ou un café diffusant le match, plus bondés que les RER parisiens (métro) en heure de pointe. Continue reading
La St-Jean à Paris
Dur dur pour l’exilé québécois d’être loin de la maison durant sa fête nationale. Fort heureusement, la St-Jean-Batiste est aussi célébrée à Paris même si ce n’est pas aussi patriotique qu’un concert des Loco Locas et Cowboys Fringants à l’Ile Notre-Dame. Continue reading
Premières photos de mon appartement
Voilà maintenant deux semaines que je suis confortablement installé dans mon studio appartement du 10e arrondissement et comme promis, voici les premières photos de mon douillet chez moi! Continue reading
La course au logement
On m’avait prévenu dès le départ que trouver un logement à Paris n’est pas une tâche aisée. Non seulement c’est cher, mais les bons appartements partent extrêmement vite. Essentiellement, c’est le jeudi que ça se joue. Le journal des petites annonces paraît le matin et tout de suite il faut se mettre sur le téléphone pour contacter les proprios et prendre rendez-vous les visites. Continue reading
Expression française du jour : Tu m'étonnes!
Tu m’étonnes! Mon amie Nafia a bien dû me le répéter 100 fois au cours de la fin de semaine. Comme il n’y avait pourtant rien de bien étonnant dans ce que je racontais (je travaille dans l’informatique financière après tout…), j’ai fini par l’interroger sur le sens de ce «tu m’étonnes».
Il se trouve que c’est utilisé simplement pour mettre l’emphase sur ce que l’autre affirme. Un peu comme «Mets-en» au Québec. Étonnant tout ce nouveau vocabulaire…
Un détaché en mission à La Défense
Lundi matin, 7h00. Je me regarde dans le miroir de ma garde-robe. J’ai le teint plutôt frais mais les yeux bouffis et cernés par le manque de sommeil. Un mélange de décalage horaire et de l’éternel peur d’arriver en retard à la première journée au boulot (qui a pour conséquence le réveil brutal à chaque heure de la nuit avec la nette impression d’être passé tout droit).
Raison de plus pour angoisser, aujourd’hui c’est ma carrière qui commence. Quel grand mot plein de prétention! Ma carrière… J’y pense en ajustant le col de ma chemise et en m’assurant que le veston n’a pas trop froissé pendant le voyage en avion. Puis je me retourne vers le lit où est sagement posée ma cravate. Elle a l’air de me narguer, toute avachie sur la couette. Je n’essaie même pas de la nouer. Dix-huit ans d’éducation et toujours pas foutu de nouer une cravate. Je la mets tout de même dans mon sac au cas où j’arriverais au bureau et réaliserais que je suis le seul décravaté de la place.
Chocs et polyglottisme
Le train ralentit, puis s’arrête devant une petite bâtisse verte aux allures de grange, dressée entre les champs et les collines environnantes. Bienvenue à Lebring, petit bourg de la campagne Styrienne, une trentaine de kilomètres au sud de Graz. C’est à cet arrêt que chaque matin je descends pour me rendre au travail.
Sur la petite route de gravier bordée de maisons coquettes aux couleurs arc-en-ciel, je marche d’un pas rapide pour tromper en vain le froid automnal et le brouillard matinal. Deux gentils canards me suivent tous les matins en poussant des couac-couac qui se perdent en écho dans la plaine.
L'auberge autrichienne
Ana regarde autour d’elle, l’air interloquée. Les murs sont couverts de graffitis, certains rappelant vaguement le style créatif en vogue dans ces lieux d’expression libre que sont les toilettes publiques. Un immense pénis est d’ailleurs dessiné au feutre noir sur la porte de sa chambre. Nous la regardons tout aussi amusés. Depuis que Ratapon (notre drôle de coloc thaïlandais) est parti, nous savions qu’un nouvel étudiant prendrait bientôt sa place dans l’appartement, mais nous n’avions pas envisagé que ce pourrait être une petite Croate, jolie de surcroît.
«Vous avez quelque chose pour nettoyer les vitres», qu’elle demande. On se regarde en réalisant pour la première fois qu’il y a des vitres dans l’appart. Puis soudain Michaël, notre grosse brute d’allemand timide qu’on surnomme affectueusement Micha, lui propose d’utiliser notre poison anti-coquerelles. C’est là une idée de son cru qui est en fait une simple bouteille de Windex. Mais Micha a constaté qu’en dose suffisante, le Windex a des propriétés insecticides fulgurantes. Qui plus est, ça garde l’appart propre. Un deux en un donc. Ana nous trouve tous un peu débile léger mais elle a un moral d’acier. Elle appellera l’exterminateur demain qu’elle dit.
Principes chinois appliqués au dialecte autrichien
Un clochard déambulant dans la rue, une radio sous le bras crachant de la musique classique. Un troubadour chantant l’opéra au pied du palais impérial des Hasbourg. Bienvenue à Vienne, capitale culturelle de l’Europe! Clichés vous dites? N’empêche, ce sont de petites scènes du quotidien dont j’ai été témoin et qui m’ont fait sourire.
Le quotidien, la vie de tous les jours, et toutes ces petites anecdotes cocasses dont on est témoin ou victime en voyage à l’étranger, j’aurai l’occasion de les partager avec vous dans les prochains mois. J’entreprends dès jeudi un stage d’étude à Graz, en Autriche, qui s’étalera jusqu’aux Fêtes. Pour ceux qui ont suivis mes aventures Hong-Kongaises, le style et le format seront sensiblement les mêmes. Vous pouvez toujours cliquer sur les photos attachées au courriel pour l’aggrandi et quelques explications.
Le dernier repas
Nous voici donc tous attablés pour un dernier repas. Dernier parce que demain je prends l’avion pour Montréal. Je regarde autours de la table, nous sommes bien une quinzaine, étudiants étrangers, quelques amis Hongkongais et ma copine toujours souriante.
Ce sera un festin pour mon dernier souper. J’ai choisi un restaurant très typique Hong Kong, situé à deux pas des résidences. C’est laid, c’est sale. Très sale. On est à des années-lumière des standards de salubrité occidentales. Mais peu importe, c’est bon et pas cher. Vraiment pas cher, ce qui est un facteur primordial pour une gang d’étudiants complètement cassés après un an à l’étranger.
Ma blonde aux yeux bridés
Son nom chinois est Cheuang A Ni mais tout le monde l’appelle Iris. Elle s’appelait Winnie avant mais elle me dit en riant que trop de filles obèses s’appellent Winnie alors elle a préféré changer son nom pour Iris. Ah bon! Et pourquoi Iris? Parce que c’est le nom d’une jolie fleur et ça sonne plutôt bien.
Une majorité de jeunes Hongkongais n’ont pas reçu de noms «anglais» à la naissance et s’en choisissent un à l’adolescence. Certains colorés, d’autres originaux. Comme par exemple mon ami Lenus qui a choisit son nom parce que selon ses dires, il est unique.
Ici, on m’appelle simplement Pierre avec un fort accent anglais. J’ai bien essayé de faire prononcer Pierre Olivier à mes amis mais il semble que ce soit du chinois pour ces Chinois! Je me suis même fait demander si j’avais un nom anglais. Just call me Pete.
Signes d'assimilation corporelle
Je me regardais dans le miroir cette nuit et je ne vous blague pas, les yeux ont commencé à me brider. C’est peut-être aussi un peu du à l’effet des «yeux qu plissent quand t’es à moitié endormi et que t’ouvre la lumière dans le noir». Reste qu’après six mois passé à Hong Kong, je me sens intégré comme un sushi dans de la sauce Teriyaki. Plus concrètement, ça veut dire que je fais cuire mes toasts sur le Wok et que j’ai remplacé le sirop d’érable par la sauce soya. Essayez ça sur vos crêpes le matin, ça vous crispe un sourire pour la journée ça mes amis.
C’est dans les détails les plus insignifiants que je prends conscience des conséquences que peut avoir l’effet prolongé de l’exposition de mon corps à la Chine. Prenons par exemple ma première expérience de coupe de cheveux orientale. Comme tel, les salons de coiffure à Hong Kong ressemblent en tout point à ceux de Montréal. C’est dans le traitement que les choses diffèrent.
Le sourire de Bounsou
Je me gratte la tête en me demandant ce que je peux bien vous raconter sur ces trois semaines de voyage passées à rouler ma bosse de ville en village, en train, en pirogue ou à dos d’éléphant.
J’ai la tête pleine des gens rencontrés sur la route, des temples à la démesure de l’homme et des jungles bordant les montagnes. Mais les anecdotes de voyage se vivent de façon très personnelle et je ne peux vous en faire un résumé intéressant en quelques paragraphes. Je laisserai donc les quelques photos ajoutées au texte parler d’elles-mêmes.
Comme je me plais souvent à le dire, un pays ou une ville est une coquille vide sans les gens qui l’habitent. J’ai visité des dizaines de temples, pris d’innombrables clichés de Bouddhas dans toutes les positions possibles et imaginables mais, au bout du compte, ce sont mes échanges avec les habitants de la place et les autres voyageurs qui m’ont donné un maigre aperçu de la vie des gens en Thaïlande et au Laos.
Singdaan faailohk!
Ah bien oui! Je peux vous entendre penser jusqu’à Hong Kong : «Mais comment est-ce que ça se fête un Noël chinois?». Ou bien vous êtes entrain de réveillonner avec votre famille et vos amis et n’avez pas la moindre petite pensée pour moi, ce qui est plutôt rude! Mais maintenant que j’ai capté votre inattention, permettez-moi de disserter sur ce sujet très à propos.
Les Hong-Kongnien (ce n’est pas dans le dictionnaire mais je trouvais que ça sonnait mieux que Hong-Kongnois ou Hong-Kongnite) ne sont pas catholiques en grand nombre. Noël est donc avant tout une fête commerciale. Vous me direz : «Rien de bien neuf, c’est maintenant partout pareil!». Vrai et Faux. Il faut avoir mis pied à Hong Kong pour vraiment saisir le sens de la démesure ici. Les gratte-ciels qui flirtent avec les nuages, les lumières qui rendent la nuit plus claire que le jour et une idéologie capitaliste poussée à l’extrême. Prenez ces ingrédients, faites un mélange et vous obtenez un show grandiloquent où sont réunis tous les clichés de Noël, du Père Noël au p’tit reine au nez rouge en passant par le bonhomme hiver.
Éducation chinoise
Avant de partir pour Hong Kong, j’appréhendais le choc d’étudier dans une université peuplée de chinois compétitifs et assoiffés de succès. C’est bien connu, les chinois sont des boulémiques de travail. Travailler plus pour faire plus d’argent pour mériter une plus grande reconnaissance sociale. Difficile de se démarquer du troupeau dans ce pays de 1,5 milliards d’individus vivant empilés les uns sur les autres (littéralement vu la hauteur des tours d’habitation).
Alors que dans nos sociétés occidentales, nous questionnons plus que jamais l’équation «argent = bonheur», il n’y a aucune remise en question ici. On ne va pas à l’université pour «élargir ses horizons» ou «développer son potentiel» mais bien pour obtenir un diplôme qui garantira un meilleur salaire. C’est la carotte que bien des professeurs agitent pour pousser les étudiants à travailler plus fort.
Mon coloc, sa famille et moi
La première fois que je l’ai rencontré, j’ai tout de suite su que nous n’avions rien en commun. Timide, réservé, délicat… Cusson, mon nouveau coloc chinois, avec qui j’allais être pris à partager ma chambre pour l’année me laissait plutôt indifférent. Et c’est dans cette relative indifférence que s’est déroulé notre premier mois de colocation. Nous entretenions une relation polie sans plus.
Quand il m’a demandé si je voulais bien venir souper dans sa famille pour le Mid-Automn Festival, j’ai dû regarder par-dessus mon épaule pour m’assurer que l’invitation s’adressait bien à moi. Je n’avais encore jamais été dans une famille chinoise et je me suis dit que l’expérience pourrait être intéressante. Je n’avais aucun plan pour le congé de toute façon.