June 2002


Auteur: Ludovic
Lieu: Alicante, Espagne
Kilomètres parcourus: 1154

Après une bonne douche, une nuit de sommeil et un repas à table dans une charmante auberge, il m’est maintenant plaisant de vous narrer notre parcourt Séville-Grenade. Au cours de ces 5 jours, nous avons traversé les, hélas, inconnues et imprévisibles Sierra de Ronda. Le dénivelé de ces régions est vallonné, certes, mais les sommets sont généralement bas et donc peu inquiétants pour le cycliste avide de prédictions à même la carte routière. C’est en abordant les premières côtes d’un des multiples vallons, qu’on se rend compte que la réalité est toute autre.

Chargé de 50lbs (20kg) de matériel et affligé d’une température dépassant les 40 degrés Celsius, une petite côte peu devenir un enfer.

Armés d’un désir de vaincre presque immuable et d’un déjeuner du tonnerre (4 oeufs, 4 tartines et 1 fruit), nous affrontons donc avec courage les incontournables de la journée. C’est au cours de ces ascensions où l’on sue sang et eau que le cycliste se révèle. Chacun à son rythme nous montons. Seul contre la route, je rage. Elle n’affronte pas la montagne de front mais serpente sur ses flancs de sorte que la fin n’est jamais qu’une illusion. La douleur qui monte dans les jambes, la transpiration abondante et la respiration haletante nous plongeons dans notre bulle.

C’est le moment crucial où seul la ténacité et la force de caractère auront raison de l’obstacle naturel et du corps qui, à chaque mètre, ne demande qu’a s’arrêter. PO commence ainsi à se parler, à s’encourager à haute voix; Philippe, silencieux, essaie de se convaincre qu’il pourrait se trouver dans une pire situation (vraiment?) et moi, moi je crie à la montagne que je la déteste : ça extériorise beaucoup mais ça surprend les automobilistes. On s’encourage aussi mutuellement; ça fait du bien dans les moments difficiles. Dans les montées de plus de 5 km, on doit s’arrêter, manger, s’éponger et surtout se mettre à l’ombre. De 11h30 à 18h00, le soleil brûle et nous fait la vie dure, très dure.

La route ainsi nous mène dans des décors hallucinants. À flanc de montagne, au milieu d’un dédale de monts et vallées, de jeux de lumières ahurissants, de couleurs surprenantes et de villages ravissants, on ne peut que pardonner à la nature ses caprices douloureux qui nous font admirer combien plus ce spectacle qui s’ouvre à nos yeux.

Mais, hé là (!) vous me diriez, il n’y a pas que des montées. Bien sûr! Chaque ascension à sa descente. Cambrés, les yeux rivés sur la route, toute notre concentration est requise pour se griser de ce moment. À plus de 50 km/h, nous plongeons dans le paysage. Le vélo est une fois de plus le jouet de ces virages et de ces coups de vent inattendus. La vallée nous attend, belle mais inquiétante. j’appréhende souvent les descentes: Tel un rêve qui charme, le réveil en souffre. Toute descente cache une montée … je l’ai vérifié!

Auteur: Philippe
Lieu: Séville, Espagne
Kilomètres parcourus: 663

Holà los amigos,

Cela fait déjà 10 jours que nous transportons notre petite maison de part et d’autre de l’Europe. De la côte ouest du Portugal, nous sommes descendus jusque dans les magnifiques plages de l’Algarve pour traverser la frontière espagnole en Andalousie.

Ici il y a deux raisons qui expliquent pourquoi les rues sont désertes le midi: soit qu’il y a un match de foot ou le thermomètre monte à 40 degrés. À Séville, si l’on veut rencontrer d’autres touristes, nous n’avons qu’à nous promener dans les rues au beau milieu de l’après-midi. Après avoir fait une journée de vélo dans de telles conditions, nous avons vite compris pourquoi les gens font la siesta! D’ailleurs, le rythme de vie est grandement différent : les gens soupent très tard et les boîtes de nuit ne ferment pas avant les petites heures du matin. Nous avons donc ajusté notre rythme en faisant la sieste sur la plage, dans les vallées d’orangers ou sur un trottoir d’un des nombreux petits villages que nous traversons.

Hier, nous sommes allés trinquer dans un bar pour célébrer le match de foot opposant l’Espagne à l’Irlande. Toute la ville a retenu son souffle pendant la prolongation et Séville a tremblé lors du botté qui a donné la victoire à l’Espagne. En soirée, nous avons eu la chance d’assister à une corrida dans une grande arène, comme au temps des romains. Pour les espagnols, c’est une coutume bien ancrée comme l’est le hockey au Québec.

Nous repartons dès aujourd’hui dans la campagne espagnole en direction de Malaga et Grenade. Nous devrions être à Grenade d’ici 5 jours pour ensuite aller fêter la St-Jean à Alicante. Il paraît que la fiesta est encore plus impressionnante que la fête nationale du Québec!

À travers tous ces moments extraordinaires, nous avons une pensée tous les jours du haut de nos montures pour vous tous qui suivez notre aventure.

Hasta luego !

Auteur: Pierre Olivier
Lieu:
Lisbonne, Portugal
Kilomètres parcourus: 0

Bom dia,

Eh oui, nous sommes arrivés à Lisbonne depuis maintenant 2 jours et le dépaysement est vraiment unique. Nous étions plutôt nerveux à notre arrivée, aucun endroit où rester, entrain de sortir nos vélos des boîtes pour les monter en plein milieu du centre-ville. Les gens nous regardaient un peu comme trois illuminés mais qu’importe, sans nos montures nous n’allons pas bien loin !

Lisbonne est vraiment une ville superbe avec ses rues étroites où les dames font pendre le linge du haut de leurs petits balcons. La plupart des maisons sont faites de ciment blanc recouvertes de toits aux briques rouges. Le quartier Alfama (le plus vieux de la ville) nous montre vraiment un visage rustique de la ville telle qu’elle devait être il y a plusieurs centaines d’années. Nous sommes passés maîtres dans l’art de s’exprimer par signes vu notre ignorance du portugais mais nous arrivons avec un peu de pratique à maîtriser quelques mots de bases..

Nous nous imprégnions au maximum de toutes ces odeurs et ces couleurs nouvelles car dès demain nous quittons la ville pour commencer notre route vers Amsterdam. En fait nous partons un peu en sens contraire puisque nous longerons la côte portugaise vers le sud mais c’est avant tout car nous ne voulons rien manquer du charme de ce beau petit pays.

Ceux qui voudraient nous poser des questions ou échanger sur notre voyage et les places que nous découvrons peuvent le faire par l’entremise de notre forum sur notre site Internet (http://euro.pouding.com/forum.php) qui est maintenant en fonction.

Tchao !

Ludovico, Philipé y Pedro
El trio Euro