July 2002
Monthly Archive
Mon 22 Jul 2002
Posté par Pierre Olivier Martel sous
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Auteur: Ludovic
Lieu: St-Just St-Rambert, France
Kilomètres parcourus: 2270
Depuis notre passage de la frontière française au beau milieu des Pyrénées il y a de cela deux semaines maintenant, bien des choses ont changé… il pleut régulièrement! Douche la nuit, brouillard le jour et maximum 20 degrés la journée font contrastes aux températures extrêmes de l’Espagne. Mais bien à part la température, qui nous plaît bien pour faire du vélo, notre vie sociale en a pris un sacré coup! L’espagnol nous avait réduit à des conversations alimentées de mots disparates et de signes qui nous étaient utiles afin de nous nourrir régulièrement.Maintenant riches d’une langue commune ( exceptés quelques expressions qui demandent certaines explications), nous papotons avec les épiciers, les boulangers, les fermiers et les gens du coin tous attirés par notre imposant équipement et notre accent québécois.
Cette barrière de l’isolement une fois brisée, nous sommes en mesure de découvrir un pays dans ses moindres recoins. Évidemment, l’exotisme d’un pays inconnu ne fait pas le cachet de cette nouvelle contrée visitée. Mais il est a souligner que depuis notre arrivée, l’étonnement et l’émerveillement (en plus de la sueur quotidienne) sont monnaie courante dans ce joli coin. Décidés à ne pas emprunter les grands axes touristiques (nous sommes le moins possible touristes et le plus souvent voyageurs avertis, ça fait moins bête), nous vaquons à travers les campagnes et le massif central en empruntant les routes rustiques (et les moins vallonnées quand c’est possible) afin de satisfaire notre curiosité. Les paysages chargés d’une végétation abondante, de cours d’eau puissants et de montagnes nous charment. Le côté sauvage de cette région fait du vélo un moyen de prédilection afin de profiter d’un tel spectacle!
De plus, comme l’exprimait Philippe, nous logeons régulièrement chez l’habitant ce qui nous permet de prendre le pouls du pays. Accueillis par de la famille, des amis ou de bons samaritains, nous vivons avec les Français. Une douche et un petit déjeuner offert aux moments les plus inattendus nous rechargent d’une énergie nouvelle. Le plaisir de pouvoir se retrouver sous un toit au sein d’une petite famille nous permet de continuer notre route plus allègrement et de briser le rythme parfois trop régulier des journées de vélo-camping. Merci à vous tous qui enrichissent notre voyage de rires, de visages et de moments inoubliables. Vous nous permettez de visiter l’essence même de ce pays et de le comprendre un peu mieux. Notre qualité de voyageurs nous permet ainsi de créer des liens d’amitié inespérés dont il est souvent difficile de se départir, mais ainsi va le voyage. Notre destinée est toujours d’avancer. C’est cette fatalité qui fait de chaque heureux moment une vraie réjouissance à jamais gravée dans nos mémoires.
Fri 12 Jul 2002
Posté par Pierre Olivier Martel sous
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Auteur: Philippe
Lieu: Puylaurens, France
Kilomètres parcourus: 1717
Depuis un certain temps, nous commençons à nous rapprocher de la nature tout en continuant à pédaler sur la route. C’est peut-être notre nouveau look de coureur des bois qui nous attire dans les champs mais lorsqu’il s’agit d’installer le campement, notre imagination peut parfois surprendre.
Décidément, il y a bien peu d’avantages à s’arrêter dans les campings aménagés à moins d’avoir une grosse tente-roulotte. Disons que la moyenne d’âge est d’environ 75 ans et que l’activité principale des gens est de regarder si leurs rideaux sont mieux que ceux de la roulotte voisine! D’autant plus que nous n’avons pas encore vu une petite espagnole passer ses vacances d’été dans un stationnement de roulotte avec ses grands-parents!
Nous suivons donc nos instincts d’aventuriers et c’est cette liberté et ce plaisir de voyager à vélo qui nous permet de choisir des sites classés cinq étoiles. Nous nous installons dans des endroits aussi charmants qu’inattendus, de préférence sur le bord d’un petit cours d’eau pour se laver au moins aux deux jours. De ce fait, nous avons l’occasion de rencontrer des gens, essayer de faire comprendre à un espagnol que l’on veut seulement planter notre tente dans son champ : « esta no problemo, si si si! ». En pleine nature, la bouffe a meilleur goût et le réveil par le chant des oiseaux est toujours plus doux que l’alarme du cadran.
Je vous assure qu’il n’y a rien de plus dépaysant que de se réveiller dans le sable sur le bord de la mer ou entouré de champs de tournesols en campagne française ou même perché dans un parking au milieu des Pyrénées.
Je crois que c’est la meilleure habitude que nous avons adopté du Portugal à la France et c’est la beauté de ces paysages qui nous ont accompagnés et poussés maintenant jusqu’à Toulouse.
Naturellement cette technique nous donnera plus d’histoires à vous raconter…
Thu 4 Jul 2002
Posté par Pierre Olivier Martel sous
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Auteur: Pierre Olivier
Lieu: Barcelone, Espagne
Kilomètres parcourus: 1261
Maintenant que nous avons eu pleinement le temps de nous remettre de notre court séjour à Alicante, laissez-moi vous raconter comment les espagnols célèbrent la St-Jean. Plutôt qu’être une fête nationaliste, la St-Jean ici représente la lumière, le solstice d’été, l’arrivée de la belle saison et c’est dans la charmante ville côtière d’Alicante qu’à lieu la fiesta.
Nous sommes arrivés le 24 juin avec la ferme intention de ne rien manquer de cette nuit endiablée qui ne se terminerait pas avant l’aube…
Déjà en après-midi, plusieurs rues étaient fermées et envahient de curieux venus admirer les grandes effigies (jusqu’à 10 mètres de haut) représentant des personnages et des formes hétéroclites qui composent un tout hautement coloré. Nous sommes ensuite rentrés faire une sieste à l’auberge afin de profiter au maximum de la nuit qui allait commencer…
C’est la fanfare passant sous notre fenêtre vers les 23h30 qui est venue nous annoncer qu’il était grand temps de se lever. Quelle ne fut pas notre surprise en débouchant sur la rue de constater que les grandes statues érigées partout dans la ville brûlaient sous les yeux de la foule massée pour mieux voir ces immenses brasiers qui illuminaient les rues. Hypnotisés par ces flammes géantes, nous nous frayons un chemin jusqu’à la première rangée. Le jet d’eau sorti de la lance d’un pompier dirigée droit vers nous donna le coup d’envoie à cette soirée bien arrosée!
La fiesta atteignit son apogée alors que les rues se transformèrent en immenses pistes de danse envahient par des milliers de fêtards. Transportés par les rythmes espagnols, nous avons dansé et bu toute la nuit. Notre charme étranger a malheureusement eu peu d’effet sur les espagnoles vu notre barbe de voyageur et notre lessive qui n’avait pas été faite depuis déjà quelques temps! C’est sans compter la barrière linguistique qui sera restée pour nous une grande difficulté au Portugal et en Espagne.
Nous avons terminé la nuit sur la plage où plusieurs petits groupes avaient allumé des feux. Assis dans le sable, nous avons contemplé les premières lueurs du matin avant de sombrer dans un profond sommeil. Nous nous sommes bien repris pour la St-Jean que nous avions passé à Moose Jaw en Saskatchewan il y a de cela deux ans!
Nous nous préparons maintenant à affronter les plus hauts sommets des Pyrénées, après quelques jours de repos sur la magnifique île d’Ibiza. Un gros merci à tous ceux qui ont contribué à faire de ce séjour un moment inoubliable de notre voyage.