June 2006


Dur dur pour l’exilé québécois d’être loin de la maison durant sa fête nationale. Fort heureusement, la St-Jean-Batiste est aussi célébrée à Paris même si ce n’est pas aussi patriotique qu’un concert des Loco Locas et Cowboys Fringants à l’Ile Notre-Dame.

Pour l’occasion, le consulat du Québec à Paris avait fait fermer la rue devant le consulat et la fête s’est déroulée au rythme des Charlebois, Harmonium et Leloup. La bonne bière québécoise était à l’honneur (je ne parle pas des Molson et Labatt) et même la poutine était de la partie. Malheureusement, celle-ci s’exporte moins bien que la bière. Des frites mal cuites, du fromage cheddar coupé en cubes (rien à voir avec le vrai fromage en grain) et une sauce qui ressemblait plus à une sauce à Hot Chicken qu’une vraie sauce à poutine. Le tout pour 4 euros (6$CAN). Faut croire que le coût de la poutine aussi s’exporte bien mal à Paris!

Voilà maintenant deux semaines que je suis confortablement installé dans mon studio appartement du 10e arrondissement et comme promis, voici les premières photos de mon douillet chez moi!

L’appartement est situé non loin du Canal St-Martin, superbe allée bordée d’arbres qui descend tout droit jusqu’à la place de la Bastille. Il y a aussi la gare de l’Est et du Nord dans le coin. D’ailleurs la première photo qui suit est prise du pont qui traverse les rails du chemin de fer. Le deuxième immeuble est le mien.

Voici maintenant une photo de la devanture de l’immeuble. Plutôt modeste, rien à voir avec ces bâtiments centenaires que l’on trouve dans d’autres quartiers. Il faut faire avec ses moyens quand même!

Alors on entre. La pièce principale est constituée d’un grand lit (deux lits simples collés en fait, ce qui peut être pratique pour accueillir la visite non-mannequin et non-brésilienne), d’une table avec une petite télévision (primordial pour suivre le Mondial de foot) et mon ordi. Sur la table de chevet, il y a aussi un chaîne Hi-Fi décorative puisque je n’ai pas de prise de courant pour la brancher…

Dans la même pièce, on retrouve une grande commode et une petite table avec trois chaises. On aperçoit la salle de bain à droite. On ne peut distinguer sur la photo mais je suis particulièrement fier que le motif bleu-blanc de ma literie s’agence parfaitement avec le même motif du rideau de douche. Non mais vraiment, tout est dans les détails!

Les cuisines parisiennes sont vraiment des exemples ingénieux d’optimisation de l’espace. Au dessous des ronds de poêles, une laveuse! Et encore, le four au-dessus du frigo. Tout à portée de main, idéal jusqu’au jour où vous retrouvez la peinte de lait dans le four!

La dernière photo est la magnifique vue de Paris que j’ai en ouvrant les rideaux le matin. Alors, jaloux? Ben quoi, vous ne vous attendiez tout de même pas à une Tour Eiffel! Faut voir le côté pratique de la chose : pas besoin de se promener avec une serviette autour de la taille en sortant de la douche le matin!

Voilà qui fait le tour de mon modeste 27 m². C’est ouvert à la visite mais il faut réserver d’avance parce qu’un appartement au cœur de Paris, ça part vite quand même!

On m’avait prévenu dès le départ que trouver un logement à Paris n’est pas une tâche aisée. Non seulement c’est cher, mais les bons appartements partent extrêmement vite. Essentiellement, c’est le jeudi que ça se joue. Le journal des petites annonces paraît le matin et tout de suite il faut se mettre sur le téléphone pour contacter les proprios et prendre rendez-vous les visites.

J’ai la chance de ne pas trop être bousculé dans mes démarches vu que la compagnie me prête un appartement le temps que je me place. Les autres détachés québécois avant moi ont mis en général entre deux semaines et un mois pour trouver.

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Premier rendez-vous jeudi soir après le boulot pour la visite d’un trois et demi (en France on dit un 2 pièces, la cuisine et la salle de bain n’étant pas comptées) situé dans le 17e arrondissement, à une jetée de pierre de l’Arc de Triomphe.

Le quartier est superbe. De belles devantures en marbres, des balcons fleuris et des boulangeries à tous les coins de rue. Je suis déjà enthousiasmé à l’idée de vivre dans le coin. Je pousse la grande porte de l’immeuble et pénètre dans la cour intérieure. La propriétaire m’a indiqué de prendre l’entrée tout au bout de l’allée.

J’avance dans l’allé et j’aperçois une petite construction chambranlante (mot typiquement Québécois, qui l’eut cru!) tout au fond de la cour qui devait servir d’écurie à une autre époque. Je déchante vite lorsque je réalise que l’appartement que je m’apprête à visiter est situé à l’intérieur de cette petite bâtisse plutôt moche. Les choses ne s’arrangent pas en pénétrant à l’intérieur.

La propriétaire m’annonce d’entrée de jeu que je suis le cinquième à qui elle fait faire la visite et que les cinq visiteurs précédents se sont tous  montrés très intéressés. Il y a donc très peu de chance qu’elle me loue l’appartement mais accepte tout de même de me le faire visiter. C’est lugubre, minuscule et la salle de bain a été inondée et commence à pourrir.

Pour ne pas être en reste devant les autres qui sont passés avant moi, je dis aussi à la propriétaire que je suis très intéressé. Ça sonne faux et elle ne me rappellera pas.

Loyer du petit appartement moisi dans ce qui semble être une ancienne écurie : 1200$CAN par mois. Ouch! Et tous les visiteurs avant moi se sont montrés intéressés. Décidemment…

La visite m’a tout de même appris deux trucs. Un : Viser un quartier moins luxueux où les loyers sont un peu plus décents. Deux : Être le premier à visiter et ne pas hésiter si cela s’avère intéressant.

Le lendemain soir, j’ai une visite dans le 10e arrondissement. Si j’avais à comparer l’arrondissement à un quartier de Montréal, je dirais probablement Parc-Extension. Quartier multiethnique, qui craint un peu autours des gares (la gare du Nord et de l’Est sont situés dans le 10e) mais qui se fait plus bohème sur les berges du canal St-Martin.

L’appartement que je visite se trouve entre la gare et le canal. Les locataires qui s’apprêtent à déménager font eux-mêmes les visites pour le propriétaire. Celles-ci commencent à 19h. Je suis là à 18h30 afin d’être bien sûr d’être le premier. Ils me font faire le tour de l’appartement. C’est vite fait puisque c’est un studio d’une pièce (plus une petite cuisine et la salle de bain).

L’appartement est plutôt propre et raisonnablement meublé. Coût du loyer : 1000$CAN par mois pour cet appartement qui fait 25 m². Cette fois je n’hésite pas. Je sors mon portable (c’est une téléphone ici et non un ordinateur. On s’habitue…) et j’appelle le proprio. On signe les papiers samedi matin!

Il me dit le samedi avoir reçu plusieurs offres pour l’appartement, dont une d’une mannequin brésilienne. Il a tout de même décidé de conclure avec moi puisque je fus le premier à proposer. Je lui dis que si la mannequin brésilienne est toujours intéressée, je peux considérer la colocation. Je sais, j’ai un grand cœur et je n’ai jamais supporté de voir souffrir les mannequins brésiliennes…

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Alors me voici donc maintenant emménagé, au 28 rue de l’Aqueduc dans le 10e arrondissement de Paris. J’aurai sûrement l’occasion de vous parler de la petite vie de quartier bientôt et je vous promets quelques photos de l’appart dès que je l’aurai mis à mon goût. Il sera ouvert à la visite sous peu mais il faut réserver d’avance et être très gentil avec le nouveau locataire!