Si mon calendrier de chocolats ne se trompe pas, il ne reste plus qu’une semaine avant Noël et, par le fait même, mon retour à Montréal. Deux petites semaines à la maison, le temps de faire le plein de dinde et d’énergie! Après mes deux derniers Noël en Tunisie et en Chine, celui-ci ne manquera pas d’être festif (tant que faire du chameau dans le désert en décembre, ce n’était pas mal non plus!).

Ça fait maintenant un peu plus de six mois que je suis installé à Paris et je commence à me faire une meilleure idée de la vie ici. Certains de mes préjugés sont tombés, d’autres ont quand même la vie dure.
Par exemple, ce fameux mythe du garçon de table impatient qui fait semblant de ne rien comprendre à votre bon parlé québécois. Il se trouve d’abord que cette tradition des garçons de table est entrain de se perdre à Paris. On en voit de moins en moins, si ce n’est que dans ces établissements chics où vous payerez 8 euros pour un Perrier. Et encore, les serveurs et serveuses sont généralement plutôt courtois et souriants.
Par contre, ce n’est pas peu dire que le service à la clientèle est de moins bonne qualité en France. Je vous ai brièvement raconté mes mésaventures pour l’installation d’Internet (ça s’est finalement réglé mais je ne vous raconte pas comment!) et j’ai bien d’autres anecdotes, notamment le cauchemar de la location d’une voiture… Je me dis que la réputation des Français d’être d’éternels râleurs doit bien venir du fait qu’ils reçoivent un si mauvais service. C’est complémentaire!
Une habitude française qui m’a aussi plutôt surprise à mon arrivé est la façon avec laquelle les gens se saluent le matin au bureau. À l’arrivé le matin, chacun commence sa journée en faisant le tour de l’équipe pour distribuer les poignées de main ou la bise aux filles (au singulier dans mon équipe puisque nous n’avons qu’une fille!). Comme nous sommes une vingtaine dans l’équipe, cela fait vingt poignées de main en arrivant le matin. La chose est plutôt sympathique tant que vous n’êtes pas le premier arrivé au bureau. Parce que se faire déranger vingt fois en l’espace d’une heure pour serrer des mains, ça peut vite devenir déconcentrant. J’ai réglé ce léger désagrément en m’assurant d’être toujours le dernier arrivé au bureau!
Les différences linguistiques m’ont aussi quelques peu surpris. Saviez-vous par exemple que des expressions aussi communes que bon matin ou à tantôt ne sont pas utilisés en France. Le serveur de la sandwicherie où je vais les midis à même dû retenir un fou rire lorsque je lui ai demandé une pointe de tarte. Je me fais d’ailleurs maintenant appeler Monsieur Canada au resto…
Tiens parlant de Canada, tous les Français ne semblent pas bien saisir l’ambiguïté de l’usage des mots Québec et Canada qui ont pour nous une teneur très politique. Je ne m’étendrai pas sur le concept de nation ici puisque j’ai écho que le débat fait déjà rage au Québec. Reste que j’ai été bien surpris cet été de voir partout dans les journaux le film Crazy présenté comme une production canadienne. Ou encore Pierre Lapointe (qui était en spectacle à Paris) de se faire étiqueter «Chanteur canadien». Bien qu’on ne soit pas tous d’accord sur la question nationale, le Québec au sens de nation culturel me semble aller de soit. Un film québécois et un film canadien, ce sont deux choses différentes non?

Paris vibre maintenant au temps de Noël et les Champs-Élysées sont éclairés de milles feux. C’est de toute beauté de se promener la nuit sur cette grande allée avec l’impression d’être en plein jour tellement c’est lumineux. Et cet après-midi je suis allé faire mon «shopping» (désolé, le terme magasinage n’est pas très en vogue ici…) aux Galeries Lafayette. Vous auriez dû voir l’arbre de Noël géant au centre de la place. Je retournerai sur mon heure du midi pour vous en prendre quelques photos cette semaine.
Un Joyeux Temps des Fêtes à tous et j’ai bien hâte de vous rejoindre très bientôt!