C’est avec un mélange de satisfaction et de nostalgie anticipé que je repars pour Montréal dans deux semaines, soit le 1ier juillet. Satisfaction parce qu’en un an à Paris, j’aurai vécu d’innombrables aventures. Je me suis imprégné de cette culture française à travers les grands événements qui ont ponctués mon séjour ici, que ce soit la coupe du monde de football (soccer) où les français se sont hissés jusqu’en finale contre toute attente ou encore les élections présidentielles qui ont pris fin le week-end dernier.

Après 13 mois en France, j’ai à peu près réussi à apprivoiser cette bête imprévisible et sanguine qu’est le Français et plus particulièrement le Parisien. J’ai pu débouter certains clichés qui ont la vie dure.


Pique-nique entre amis aux Champs de Mars (en face de la Tour Eiffel)

Par exemple ce mythe des garçons de table parisiens impolis et railleurs. Ils ne sont franchement pas légions à Paris. La plupart sont courtois bien que souvent pressés et débordés de clients. Ces clients qui par ailleurs choisissent souvent de s’asseoir côte à côte pour regarder défiler les gens dans la rue.

Et ces gens qui passent… Ces Parisiens qui ont la réputation d’être toujours pressés et stressés. Ça non plus je ne l’ai pas trop senti. Il faut dire qu’avec en moyenne six ou sept semaines de vacances par année, il n’y a pas de quoi être sur le gros nerf!

Mais au final, ils sont comment ces Français? Bien franchement, je vous répondrai qu’ils ont les défauts de leurs qualités. Mais soyons gentils et commençons par les qualités.


Devant l’hotel de ville avec ma mère

J’ai été d’abord impressionné par cette culture et cette classe bien françaises. Un bon nombre de Français ont une maîtrise remarquable de leur histoire qui n’est tout de même pas la plus simple. De Napoléon à De Gaulle, la connaissance de l’histoire est intimement liée avec un intérêt politique fortement marqué.

La culture vinicole est aussi un trait bien français. J’ai réellement appris à apprécier le vin en France grâce à tous ces amis passionnés qui m’en ont donné le goût. Ce ne sont pas les bons vins à prix abordables qui manquent dans l’Hexagone et il n’y a pas meilleure démonstration du chauvinisme français : on ne boit ici pratiquement que du vin français.

Je l’ai écrit dans une chronique précédente : les Français sont aussi époustouflants d’un point de vue linguistique. Ils manient le verbe avec une habilité que nous n’avons pas au Québec. D’ailleurs, cette qualité vient de pair avec un goût particulier pour le débat. Lorsque vous argumentez avec un Français, faites bonne provision de salive!


Cathédrale Notre-Dame de Paris

Mais attention chers amis français qui lisez ce blog, j’ai bien écrit que vos qualités venaient avec leurs défauts. Car toute cette classe et ce chic français viennent avec ses revers, soit une légère pointe d’arrogance. Peut-être le mot est-il fort… Disons plutôt que j’ai noté chez le Parisien cette distance affectée quelque fois teintée d’hypocrisie. Le microcosme du Parisien est un cocon bien hermétique.

Peut-être cette opinion est-elle simplement renforcé par le fait qu’à première vue, les Québécois dégagent une impression fortement opposée. Les échanges entre inconnus sont souvent plus familiers et conviviaux au Québec. La quasi-disparition du vouvoiement au n’en est que le signe le plus visible. Je me demande parfois si ce trait québécois n’a pas été hérité de nos voisins américains qui sont aussi réputés pour leur jovialité presque naïve. (N’y a-t-il pas plus dupe qu’un touriste américain?)


Sur le pont des Arts

Lorsque je demande aux Français comment ils perçoivent les Québécois, c’est souvent avec beaucoup d’affection. D’ailleurs, je l’ai senti dans l’accueil que j’ai reçu ici. Dès qu’un Français perçoit mon accent lointain, son regard s’allume et il se lance alors dans le fabuleux récit de son voyage de pêche sur glace dans le Grand Nord, la randonnée en traîneau à chien sans oublier l’escapade à Tadoussac pour admirer les baleines! Je me demande alors si on parle du même pays… Il faut que je sorte de Montréal!

J’ai en contrepartie l’impression que l’on juge souvent plus durement les Français. Peut-être est-ce le ressentiment d’un peuple affranchi qui voit en ce pays outre-atlantique une relique d’une époque coloniale lointaine.

On aime à croire que le Québec est cet îlot en Amérique qui s’inspire du meilleur des deux continents. Bien que notre langue nous offre une certaine protection culturelle, je réalise que notre mode de vie est franchement beaucoup plus américain qu’européen.

Cela se sent entre autre par la prédominance du pratique sur l’esthétique. (J’habite à Brossard à moins de 500 mètres du boulevard Taschereau alors j’en sais quelque chose!)

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Bon, il se fait tard et cette chronique commence à faire du coq à l’âne. Je m’arrêterai donc ici pour ce soir. Je finirai ma conclusion à ce blog parisien plus tard cette semaine.