Mon 18 Jun 2007
L’heure des bilans (Partie 1)
Posté par Pierre Olivier Martel sous 06-07 Récits parisiens[3] Commentaires -
C’est avec un mélange de satisfaction et de nostalgie anticipé que je repars pour Montréal dans deux semaines, soit le 1ier juillet. Satisfaction parce qu’en un an à Paris, j’aurai vécu d’innombrables aventures. Je me suis imprégné de cette culture française à travers les grands événements qui ont ponctués mon séjour ici, que ce soit la coupe du monde de football (soccer) où les français se sont hissés jusqu’en finale contre toute attente ou encore les élections présidentielles qui ont pris fin le week-end dernier.
Après 13 mois en France, j’ai à peu près réussi à apprivoiser cette bête imprévisible et sanguine qu’est le Français et plus particulièrement le Parisien. J’ai pu débouter certains clichés qui ont la vie dure.

Pique-nique entre amis aux Champs de Mars (en face de la Tour Eiffel)
Par exemple ce mythe des garçons de table parisiens impolis et railleurs. Ils ne sont franchement pas légions à Paris. La plupart sont courtois bien que souvent pressés et débordés de clients. Ces clients qui par ailleurs choisissent souvent de s’asseoir côte à côte pour regarder défiler les gens dans la rue.
Et ces gens qui passent… Ces Parisiens qui ont la réputation d’être toujours pressés et stressés. Ça non plus je ne l’ai pas trop senti. Il faut dire qu’avec en moyenne six ou sept semaines de vacances par année, il n’y a pas de quoi être sur le gros nerf!
Mais au final, ils sont comment ces Français? Bien franchement, je vous répondrai qu’ils ont les défauts de leurs qualités. Mais soyons gentils et commençons par les qualités.

Devant l’hotel de ville avec ma mère
J’ai été d’abord impressionné par cette culture et cette classe bien françaises. Un bon nombre de Français ont une maîtrise remarquable de leur histoire qui n’est tout de même pas la plus simple. De Napoléon à De Gaulle, la connaissance de l’histoire est intimement liée avec un intérêt politique fortement marqué.
La culture vinicole est aussi un trait bien français. J’ai réellement appris à apprécier le vin en France grâce à tous ces amis passionnés qui m’en ont donné le goût. Ce ne sont pas les bons vins à prix abordables qui manquent dans l’Hexagone et il n’y a pas meilleure démonstration du chauvinisme français : on ne boit ici pratiquement que du vin français.
Je l’ai écrit dans une chronique précédente : les Français sont aussi époustouflants d’un point de vue linguistique. Ils manient le verbe avec une habilité que nous n’avons pas au Québec. D’ailleurs, cette qualité vient de pair avec un goût particulier pour le débat. Lorsque vous argumentez avec un Français, faites bonne provision de salive!

Cathédrale Notre-Dame de Paris
Mais attention chers amis français qui lisez ce blog, j’ai bien écrit que vos qualités venaient avec leurs défauts. Car toute cette classe et ce chic français viennent avec ses revers, soit une légère pointe d’arrogance. Peut-être le mot est-il fort… Disons plutôt que j’ai noté chez le Parisien cette distance affectée quelque fois teintée d’hypocrisie. Le microcosme du Parisien est un cocon bien hermétique.
Peut-être cette opinion est-elle simplement renforcé par le fait qu’à première vue, les Québécois dégagent une impression fortement opposée. Les échanges entre inconnus sont souvent plus familiers et conviviaux au Québec. La quasi-disparition du vouvoiement au n’en est que le signe le plus visible. Je me demande parfois si ce trait québécois n’a pas été hérité de nos voisins américains qui sont aussi réputés pour leur jovialité presque naïve. (N’y a-t-il pas plus dupe qu’un touriste américain?)

Sur le pont des Arts
Lorsque je demande aux Français comment ils perçoivent les Québécois, c’est souvent avec beaucoup d’affection. D’ailleurs, je l’ai senti dans l’accueil que j’ai reçu ici. Dès qu’un Français perçoit mon accent lointain, son regard s’allume et il se lance alors dans le fabuleux récit de son voyage de pêche sur glace dans le Grand Nord, la randonnée en traîneau à chien sans oublier l’escapade à Tadoussac pour admirer les baleines! Je me demande alors si on parle du même pays… Il faut que je sorte de Montréal!
J’ai en contrepartie l’impression que l’on juge souvent plus durement les Français. Peut-être est-ce le ressentiment d’un peuple affranchi qui voit en ce pays outre-atlantique une relique d’une époque coloniale lointaine.
On aime à croire que le Québec est cet îlot en Amérique qui s’inspire du meilleur des deux continents. Bien que notre langue nous offre une certaine protection culturelle, je réalise que notre mode de vie est franchement beaucoup plus américain qu’européen.
Cela se sent entre autre par la prédominance du pratique sur l’esthétique. (J’habite à Brossard à moins de 500 mètres du boulevard Taschereau alors j’en sais quelque chose!)
***
Bon, il se fait tard et cette chronique commence à faire du coq à l’âne. Je m’arrêterai donc ici pour ce soir. Je finirai ma conclusion à ce blog parisien plus tard cette semaine.
June 18th, 2007 at 7:12 pm
Parmi les événements importants: la visite de ta marraine!!!!!
Une photo de toi et moi, peut-être???
June 19th, 2007 at 8:30 am
QUOI??? j’ai du mal lire!!! L’histoire des français commence à Napoléon (même si lié à des intérêts politiques)?? T’as pas vu sur le passeport de l’homme de cro-magnon qu’il était citoyen français habitant dans le 1er arrondissement de Paris? Non je blague, mais petite précision sur le récit de PO: l’Histoire de la France date de fort longtemps: même si le nom France n’apparait que à partir de 1190, son “ancêtre” le plus lointain est la Gaule datant de l’Antiquité (bien avant Jesus Christ), même le nom des Francs date du début du premier millénaire.
Bon trève de cours d’Histoire poussièreuse. J’ai hâte de venir à Montréal en août pour
vérifier que le québecois n’est pas un adepte du Grand Nord avec son traineau, passant son temps à admirer des baleines
Merci pour ta description du petit parisien/français assez réaliste je pense avec ses qualités et ses nombreux défauts. Attention de pas trop lui ressembler à ton retour sur ta terre natale…
June 22nd, 2007 at 7:55 am
Le « microcosme » parisien semble sans doute quelque peu hermétique au premier abord pour un jeune exilé. Mais de même que notre histoire a des racines anciennes, nos relations sont ancrées dans la durée. S’il est plus dur de nouer un premier contact en France qu’outre atlantique, en revanche une fois ce premier contact établi, nous avons tendance, nous autres français, à instaurer une véritable relation sincère et durable.
Souviens-toi de cela PO quand tu retourneras près des tiens : tes amis parisiens continueront de penser à toi, et même si les échanges de « courriels » se font plus rares (le parisien étant par définition toujours un peu trop débordé), tu resteras gravé dans leur mémoire
J’espère avoir un jour l’occasion de découvrir le Québec, pour savoir ce que c’est d’avoir un « accent français » comme tu me l’as dit plusieurs fois, mais surtout pour voir jusqu’à quel point nos cousins québécois sont américanisés et à quel point ils gardent le sang français de leurs ancêtres
Profite bien des tes derniers jours à Paris avec tes amis !