Sun 15 Jul 2007
De la pluie et du beau temps
Posté par Pierre Olivier Martel et Ludovic Glorieux sous 07 Touramerica[9] Commentaires -
Expression symptomatique des conversations impersonnelles et sans interêt: parler de la pluie et du beau temps. C’est aussi une gentille façon d’introduire la conversation; en d’autres termes, de se jeter a l’eau. Le Vermont, le New Hampshire et le Massachusetts sont ravissants, vallonnés et verdoyants. Les routes secondaires suivent les courts d’eaux et nous font traverser de denses forêts et de nombreux villages.
Descentes sur les routes sinueuses et mouillées du Vermont
Nous avons eu notre dose de villages en perditions et de villages de deux maisons/station service (ça nous fait de maigres lunchs, des fois). Plusieurs villages maintiennent une forme surprenante, des devantures joliement restorées, une ambiance de village du siècle dernier bien conservée et des drapeaux étoiles, ha! ça on ne saurait trop en brandir!
À ce décor, nous somme exposés. Ainsi , la banale température dont nos maisons climatisées nous protégeait, revêt une toute nouvelle importance. Ce sont donc les premiers mots de nos échanges et non les derniers qui retiennent toute notre attention. Bien sur nous dirons éventuellement, «nous allons à Miami», «Oui, en effet, ce sera en vélo», «Oui oui, nous venons de Montréal avec tous nos bagages». Ça étonne toujours, mais c’est déjà un quasi automatisme. Ce qui nous intéresse, en temps que cycliste, c’est: Quant va-t-il pleuvoir? C’est là que nous pressons le citron, que nous extorquons les précisions.
Arrivée joyeuse dans l’état du New Hampshire
Après cinq jours de pluies diluviennes, d’orages tonitruants, d’averses imprévisibles et d’une rare puissance, notre baromètre interne s’ajuste au climat de la Nouvelle Angleterre. Forts de nos conversations ponctuelles et de notre instinct ancestral renouvelé, nous veillons maintenant au grain: c’est une question de seconde entre être au sec ou complètement trempés, de monter la tente sous l’averse ou d’y être confortablement installés. Heureusement, nos interlocuteurs en ont toujours long à raconter sur la pluie et le beau temps; toutes les statistiques et prévisions a long terme sont les bienvenues. Ce n’est pas que nous soyons devenus malpolis, mais la pluie justifie les moyens, comme on dit.
A coup sur, en pédalant vers le Sud, il faudra enchainer de nouveaux sujets après avoir ouvert la conversation sur un banal: “Yes, 0% probability of rain, blue sky and foracasted sun for the next five days!”
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On traine notre maison sur le vélo comme des escargots!
Nous avons beau habiter tout proche de la frontière des Etats-Unis, c’est avec curiosité et étonnement que nous découvrons pour la première fois ce qui constitue vraiment l’âme de ce pays : les gens qui y habitent.
L’Américain moyen a été analysé, disséqué et jugé de bien des façons, souvent négatives et biaisées par la perception de l’administration actuelle. Tout le monde a son opinion sur les USA, ses idées préconçues et ses jugements arrêtés. C’est avec ce bagage de perceptions que nous avons pris la route il y a une semaine.
Dîner pluvieux devant la station-service
Nous sommes partis avec la ferme résolution d’aller vers les gens et faire des rencontres. En ce sens, nous sommes littéralement allés cogner aux portes pour demander un petit coin de jardin, afin de monter notre tente pour la nuit. C’est avec étonnement (et beaucoup de soulagement) que nous découvrons et apprécions la légendaire hospitalité americaine.
D’abord etonnés et incertains par rapport à notre drôle de requête, les gens qui nous ont hébergés cette dernière semaine nous ont offert le café alors que nous grelotions sous l’orage, la douche alors que le subtil mélange de crasse, sueur, crème solaire et chasse-moustique nous collait au corps comme une seconde peau, de partager le souper alors que nous avions besoin de réconfort.
Ludo préparant un bon souper de pâtes!
Face a cette bienveillance, nous avons aussi rencontre l’Amérique qui a peur, qui vit dans la méfiance de son prochain. Parmi les exemples frappants, il me vient en tête cette rencontre presque irréelle avec un homme en banlieue de Boston qui sortait le jour même de quatre années de prison. Il nous recommandait de faire bien attention parce qu’il y a beaucoup de personnes mal intentionnées dans les environs. Lui? Ça ne compte pas voyons, il n’avait fait que battre violemment un agresseur présumé d’enfant. Pas un vrai criminel en soit.
Bienveillante et appeurée, tel est la perception incomplète que nous avons des Etats-Unis après cette première semaine.
Prochaine étape New-York. Nous avions d’abord songé à contourner la Big Apple mais sa présence est trop importante, l’attraction trop forte. Nous devrions y être d’ici trois jours.
July 16th, 2007 at 6:16 am
Salut Ludo!
Je suis content de voir que vous allez bien! Que Krishna vous protege de la pluie. Thom et moi avons exactement les memes inquietudes par rapport au temps quitineraire? miami vs s.francisco? ou est philippe?
July 16th, 2007 at 7:30 am
Très cher PO. Je suis toujours heureuse d’avoir de tes nouvelles…ok ludo aussi! Si vous allez à NYC, faut vous habiller un peu ( mieux que dans les photos!) et manger dans les bons restau de la ville. La petite Italie est pleine de petit restaurent typiquement Italien…faut pour les touristes mais très bon. Aussi sur Broadway; RubyFoo, super restau Japonnais. J’espère que vous pourrez en profiter un peu. Bonne chance pour le reste du voyage.
July 16th, 2007 at 8:14 am
Encore un exemple de courage de ta part PO! Pour un lecteur assidue de Stephen King, je pensais que tu aurais peur d’aller frapper aux portes des villages de la Nouvelle Angleterre (Je ne sais pas si Ludo a lu les mêmes livres). En tout cas châpeau!
July 16th, 2007 at 1:10 pm
Très chouettes vos commentaires mes grands. Les photos aussi sont sympas. Merci Ludovic pour ton coup de téléphone … la forme semble être bonne malgré la pluie, mais tout le monde sait qu’après la pluie, le beau temps !
Bonne continuation et…soyez prudents !
Bisous
Adeline (Mam)
July 17th, 2007 at 2:31 am
Salut les mecs! La petite princesse en moi ne pourrait supporter tout ca!!! Quel bonheur que vous soyez comblés par vos premiers jours de voyage, malgré une température plus ou moins agréable, j’ai cru comprendre! Je vous admire! Eh bien, je pense bien à vous, grands sportifs – surtout à mon frérot quand même!! – sous un soleil ardent d’Espagne!!
Bisous Juxxx
July 17th, 2007 at 12:19 pm
Bonjour Lu et P.O.,
Merci pour votre mail…je vous fais envoyer un peu de soleil de CUBA….Ce serait vraiment chouette de se voir à Orlando…Normalement Paul devrait y être avec Philippe vers le 9 /08…dans 3 000 pieds ils vont vous y accueillir ben ben au chaud . Votre découverte de L’Américain ….ne fait que commencer ,bonne chance .Ils doivent vous prendre pour des singlés.Bises à vous deux …je vous trouve très
très en forme et un peu dingues.Annick
July 18th, 2007 at 2:35 pm
Bravo les sportifs! Sympa et intéressante votre analyse des américains! Une belle aventure de plus à votre palmarès! Me souviens encore de votre arrivée à tous 3 à Bruxelles…
Bisous
Sylviane
July 19th, 2007 at 11:20 am
Vous êtes très impressionnants les gars! Lâchez-pas. Je vous lirai avec assiduité. Bonne route,
Catherine
August 17th, 2007 at 9:07 am
Merci pour ces tranches, humides, de vie, qui nous permettent de partager votre expérience.
Art Vie Design!
Philippe