Jour 14 – New York
850 km – 44,45 heures de velo – 1 crevaison

De Boston à New York, il n’est qu’une grande banlieue, entrecoupée ça et là de quelques riches villégiature. Le Rhode Island et la pointe du Long Island nous offrirent des bords de mers ravissants, nos premières plages du voyage et des déluges qui surprennent encore. Le reste par contre tient du stationnement et de la station-service.

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Réparation d’une crevaison sur le bord de la route

Le rythme nomade est maintenant pleinement embrassé d’autant plus qu’il est ponctuellement choqué par nos visites citadines. Nous avons donc laissé (à Montréal) l’état d’esprit qui demande la stabilité, la prévisibilité et d’autres certitudes. Désencombré des demandes renouvelées que formule notre besoin incessant de sécurité, le voyage se vit et se formule à la vitesse de nos kilomètres. Notre corps autant que notre esprit adoptent la prémisse du présent : ils ne sauraient peut-être en faire autrement tant nos journées, du levé au couché, connaissent aventures et bouleversements.

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Embarqués derrière un pick-up pour traverser un pont

Le trajet, nullement prévu, n’a que pour lointain objectif la Floride. Entre les deux, impossible de dire par quelle route nous passerons dans la semaine qui suit. Un pompiste bienveillant, un hôte zélé, une passante bien renseignée, un ex-détenu enthousiaste suggèrent tous des chemins à suivre. Fort de notre expérience, nous ponctuons le tout de bon sens, d’instinct et ne faisons plus l’erreur de se fier à ces gens question millage ; règle de base, multiplier par deux toute indication de distance. Après tout, ce sont des automobilistes et non des cyclistes!

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Sur le bord de la plage à Long Island

C’est le nomadisme cycliste qui nous attire les rencontres, qui nous penche sur les beautés qu’a à offrir cette côte, autant que ses difficultés. C’est cette réalité en fait, pleine, diversifiée, tantôt dangereuse, tantôt séduisante qu’une route imprévisible nous offre, pour tant nous ravir et nous choquer.

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Vélo sur le bord de la page à Long Island

Insolite motard qui nous offre le café après la pluie, généreux retraités ou dévots qui nous ont hébergés, vacanciers et chauffeurs qui nous ont pris sur le pouce pour traverser certaines impasses routières : tous ponctuent notre voyage d’agréable façon. Sans doute est-ce aussi dans la difficulté, pris à innover pour poursuivre notre chemin que les anges du cyclisme ou ceux du Seigneur aiment à se faire connaître (vraiment, ce sont les deux factions prédomintantes de nos bons Samaritains).

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Nous repartons demain matin de New York. Cette mégapole nous a laissé pantois par son exubérance et l’énergie qu’elle dégage. Une véritable orgie des sens à laquelle on se sent plus spectateur que participant. Deux jours ici sont loin d’être suffisants mais la Floride est encore loin et le tiers du voyage est déjà derrière nous.

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Brooklyn Bridge à New York photographié des berges de Brooklyn

Prochaine étape Washington. Suite aux recommandations que nous avons reçues, nous longerons la côte Atlantique pour éviter les Appalaches. Nous descendrons donc le New Jersey avant de prendre le traversier d’où nous couperons vers l’ouest à travers le Delaware et jusqu’à Washington, DC. Environ 500 km à avaler avant de vous redonner des nouvelles.