Wed 1 Aug 2007
Portsmouth
1700 km
89h de vélo
2 crevaisons (et un nouveau tube de cadre;)
jour 25
Depuis notre dernière entrée à New York, nous avons cumulé plus de 1000 kilomètres et avons franchi la ligne imaginaire, quoique bien réel, qui sépare le Nord du Sud des Etats-Unis. Après avoir été initiés a l’esprit révolutionnaire et indépendantiste dont l’histoire de la région de Boston regorge, c’est au tour de Washington d’en rajouter à ces ideaux historiques d’indépendance et de liberté et de nous guider sur les chemins d’autres grands debats idéologiques tel l’incontournable guerre civile americaine. Nous circulons donc depuis quelques temps à travers d’anciens champs de bataille et lieu de manoeuvres historiques tant de la guerre d’indépendance que de la guerre de sécession.

Une bonne rasade de thé glacé pour rester hydraté
De Washington, nous poursuivons notre route vers la côte de la Virgine, état qui célèbre ces 400 ans de fondations en ce moment, pour ensuite continuer vers le Sud, comme il se doit. Arrêt forcé à Portsmouth près de Norfolk, port de la flotte de la US Navy: l’inattendu nous guette toujours. Bris mécanique, la rupture de mon cadre ne se répare pas avec de la ficelle ou de la “crazy glue”; on fait donc appel a un spécialiste qui, comble du bonheur (dans les circonstances) se trouve sur notre route, direction la Floride. Le magicien joue du fer a souder, on espère qu’il fera vite et bien. Pour passer le temps, visites et autres. On se rend compte que les militaires, tout comme les étudiants, les personnes de l’age d’or ou les enfants, ont droit au tarif réduit un peu partout. Nous avons rajouté a cette liste le “cycliste qui traverse les Etat-Unis”: ça aussi, depuis hier soir, ça donne droit a un tarif réduit au cinéma!

Sur une route de campagne en Virginie
En progressant à travers le Sud des Etats-Unis, nous aiguisons peu à peu nos oreilles, tout en restant pantois devant les moeurs différentes. Oui, il faut vraiment prêter l’oreille ici, d’autant plus, en général quand il s’agit de noirs que de blancs (ça y est, on en parle, c’est parti!). Des mots et réflexions impossibles: ne fusse que de demander des directions routières peut etre laborieux. Et puis, les gens nous lancent, des “How yu doin, son?” ou des “What is goin on fellas?” auquels ça a pris un certain temps pour savoir quoi y repondre. Souvent, relancer la meme expression dans le sens inverse est suffisant. Question pour question, on clos la conversation, qui n’a jamais debutée de toute façon. Peut-être que “Hi there” serait plus simple et direct, mais bon, une fois au diapason, on s’en sort quand même et on baigne dans les variations régionales.

Réveil matinal brumeux
La chaleur est maintenant totalement débile, l’humidité aussi: on crame litteralement au soleil, on passe des litres d’eau à une rapidité phénoménale (et des crèmes glacées aussi, à la guerre comme à la guerre). Dans le cas où la chaleur nous accable, continuer de pedaler est bien la seule facon de s’accorder un peu de vent. Au pays du fast-food et du drive-thru, plus besoin de s’arrêter pour faire un retrait bancaire. Après Burger King, McDo et autres (qui sont considérés ici comme des “vrai restaurants”, les faux étant les petits “dinners” du coin: non mais, on ne rit plus ici avec la fine cuisine!), les banques locales nous permettent de rester à vélo en toute circonstance, drive-thru oblige. Ça doit renforcer en outre l’attachement à la voiture, aux pick-ups monstreux et autres engins diformes et sur-dimensionnés qui sévissent ici. Les VR et maisons mobiles qui frôlent le déménagement complet et totale des (grosses) familles vacancières sont aussi impressionnants, surtout quand il s’agit de planter sa tente au milieu de la nature, entre deux de ces appartements mobiles et d’entendre leurs climatisateurs se fondrent avec le bruit des oiseaux et criquets: douce musique pour bercer nos nuits (insomniaques).

En règle générale, et valable pour tous (Americains du Sud, évidemment), il faut toujours laisser le moteur du vehicule tourner, que ce soit pour faire un arrêt au fast-food, ou au dépanneur: on ne sait jamais, le moteur pourrait refroidir entre temps et peut-etre ne pas redémarrer! Et comme la chaleur ne suffit pas, le froid nous tourmante itou. Aussi fou que ça puisse sembler, la clim tourne a fond partout, et nous frôlons la pneumonie à chaque épicerie!
August 1st, 2007 at 7:40 pm
EXTRAORDINAIRE! Votre périple, le récit, les photos.
August 2nd, 2007 at 9:17 am
Super ce récit…on imagine parfaitement. Bravo Ludovic. Quelle étude sociologique de “l’Amérique profonde”.Il y aura lieu de publier un livre à votre retour…Ludovic, tu as déjà de l’expérience , alors, allez-y !
Petite parenthèse (les critiques doivent être constructives!): je comprends l’absence d’accent mais côté orthographe, une “re-lecture” aurait rendu le texte “plus que parfait”. Il faut être ta mère pour se permettre une telle remarque…j’espère que tu ne m’en voudras pas trop mon grand !
Je vous embrasse tous les deux. Bonne continuation et je m’en vais tout de suite lire le récit suivant, celui de P.O.
Adeline
August 3rd, 2007 at 11:30 pm
Toujours aussi palpitant de lire vos courriels dudes!! Tout ça à l’air bien génial! Petite question… les photos de mon frère sont très bien… mais oû est PO???!lol
Bon courage!
La p’tite soeurxxx