00 Transcanada


Auteur: Le trio
Lieu: St-Lambert (de retour)
Kilomètres parcourus: 6250

Nous voilà maintenant de retour! Halifax a été atteint après 57 jours d’aventures et 6400km d’intense plaisir. La liberté durant cette traversée est sûrement la chose qui nous manque le plus une fois de retour à la maison (qui nous a aussi manqué sous la pluie et le froid). L’intensité du voyage nous a fait découvrir bien des choses (nos journaux en témoignent) et nore vision de la vie, du bonheur et de la réussite (sans oublier le dépassement de soi et la totale liberté) en est à tout jamais modifiée.

Ceci n’est que la fin d’un rêve, d’une aventure; d’autres sont à venir, encore plus folles et exaltantes. D’autre projets feront suite, vous pouvez compter sur nous. Le goût de l’aventure nous à pris, on ne s’en passera pas pour bien longtemps!

Notre site internet (au www.geocities.com/transcanada2000) se refera une beauté dans les mois à venir. Vous pourrez ainsi en savoir encore plus sur notre traversée du Canada. Reportages photos, vidéos et petits textes feront partie des améliorations apportées. A suivre…

Nous voulons profiter de l’occasion pour souligner le soutient sans borne de nos parents qui nous ont encouragés et conseillés tout au long de notre démarche. Biens des efforts furent déployée de leur part afin de mener à bien cette expérience et nous les remercions de vive voix.

Un merci spécial va à notre dévoué coordonateur, Philippe Glorieux, qui s’est surpassé dans l’organisation particulièrement pendant notre « trip » mais aussi durant les préparatifs (longs et laborieux!). Ce fut de temps à autre un vrai casse-tête et notre coopération n’était pas toujours complète… Merci!

Une merci vient aussi a vous chers lecteurs qui nous avez supportés tout au long de notre voyage et lors de notre concert promotionel. Un soutient qui fut des plus précieux.

Ce n’est qu’un au revoir…

Ludovic, Philippe et Pierre Olivier

PS Nous vous annoncons qu’une remise des honneurs aux personnes méritantes de St-Lambert aura lieu le jeudi le 17 août à 19h30 suivi d’un concert à 20h30′. Le tout se passera sous le chapiteau, au centre du vieux StLambert , ENTRÉE LIBRE. Soyez-y!

PSS Il faut quand même qu’on vous signale que notre coordonateurs a eu un accident… en bicyclette! Résultat : un bras cassé, des bobos partouts et la tête bien secouée! Alors faite comme lui, ne partez jamais sans votre casque!

Auteur: Phillipe
Lieu: Oromocto, Nouveau-Brunswick
Kilomètres parcourus: 5900

Après vous avoir décrit de long en large les Rocheuses et les Plaines, je crois nécessaire de vous décrire, au moins brièvement, la beauté des paysages du Québec que nous traversons en ce moment.

C’est évidemment d’un oeil exercé aux nuances des grands paysages que nous sommes passés par la magnifique région de Charlevoix, située quelques dizaines de kilomètres après la ville de Québec, sur la rive nord du St-Laurent. Tous les petits villages sont particulièrement pittoresques. Les paysages sont vraiment à couper le souffle, au propre autant qu’au figuré! La côte est en effet très accidentée, en comptant de nombreuses montées de plus de 12% d’inclinaison. Le plaisir se retrouvait aussi bien sûr dans la négociation des descentes qui nous permettaient d’atteindre les 74 km/h! Nous avons ensuite pris le ferry entre St-Siméon et Rivière-du-Loup pour rejoindre la rive sud du St-Laurent. À cet endroit le fleuve commence à s’élargir, laissant une distance de près de 20 km d’une rive à l’autre! Le fleuve est plus impressionnant que jamais! Nous avons suivi la côte jusqu’à Mont-Joli, pour ensuite nous lancer dans la vallée de la rivière Matapédia, région très réputée à juste titre. Après cinquante jours de vélo, nous apprécions mieux que jamais les nuances de coloris des arbres qui nous entourent, d’une gamme de couleurs très diversifiées, ainsi que les montagnes aux formes multiples.

En arrivant au Nouveau-Brunswick, les Acadiens nous ont bien fait rire avec leur roulement de syllabes. Tout au long de la Baie des Chaleurs, nous avons ressenti le vent sur la figure, un merveilleux feeling qu’on ne peut ressentir, il me semble, qu’en vélo. Alors, après 5900 km, je ne me rend en fait plus compte que je pédale. C’est devenu une seconde nature. J’ai en effet l’impression qu’une autre partie de mon corps réalise combien la vie est belle. Je reviens en fait à la réalité seulement quand mon Ludovic essaie de me dépasser! Il y réussit, je l’avoue, seulement une fois que je m’arrête. La modesti ne m’étouffe toujours pas!

On peut dire que le compte à rebours est commencé. Il reste, en effet, moins de cinq jours avant la fin du voyage, voyage planifié longuement depuis plus deux ans et demi. Ça sent la fin de l’expédition, mais aussi le début de nombreux autres périples. Une fois qu’on attrappe la piqûre des voyages, on aimerait traverser le monde. Nous n’avons pas encore atteint nos limites. La prochaine fois peut-être, si c’est possible.

Philippe.

Petits commentaires du coordinateur :

Notre conteur est cette fois un peu nostalgique et un peu poète, mais toujours bien compétitif! Le plaisir du voyage est toujours là…et même plus que jamais. La prochaine étape devrait les amener de Oromocto, Nouveau-Brunswick, jusqu’en Nouvelle-Écosse, en traversant la Baie de Fundy en ferry.

Et oui… on commence à voir la fin de la traversée!

L’arrivée à Halifax, point ultime de l’expédition, est maintenant confirmée et fixée au 27 juillet en après-midi, soit en avance de 13 jours sur la planification initiale! À défaut de contacts dans la capitale de la Nouvelle-Écosse, à Halifax, l’arrivée sera célébrée… largement… en gare de St-Lambert, à leur arrivée au petit matin du 29 juillet, à 07:45! Ceci tient lieu d’invitation à tous nos supporters fidèles et à ceux qui voudraient participer à ce moment tout spécial!

Auteur: Pierre Olivier
Lieu: Nicolet, Québec
Kilomètres parcourus: 4500

Cela fait maintenant quarante-sept jours que nous sommes sur la route. Bien que chaque journée qui passe soit unique, nous avons tout de même developpé un rythme et des habitudes qui reviennent chaque jour plutôt de façon instinctive et machinale.

Habituellement, je suis le premier levé, vers sept heures du matin. Je me fais le plaisir de réveiller Ludovic et Philippe en « brassant » leurs tentes. La journée commence autour d’une assiette copieuse d’oeufs et de gruau. Nous nous répétons que nous devrions être partis en moins d’une heure, mais les choses étant ce qu’elles sont, nous en prenons deux le plus souvent du temps. Nous démarrons effectivement alors vers les neuf heures, prêts à faire une journée d’au moins six heures de route, parfois même de huit heures. Bien installés sur nos selles ergonomiques, nous entrons chacun dans notre monde. Nous prenons le temps de penser à notre vie, passant en revue les souvenirs et les jours futurs qui nous attendent dès notre retour. On fixe la roue d’en avant et nous chantonnons d’une note plutôt fausse. Nous nous sortons de notre « transe » que lorsque le meneur oublie de signaler un trou à éviter dans la chaussée ou que Philippe freine de façon plutôt brusque parce que nous croisons une « belle fille de la construction ». La journée se poursuit ainsi jusqu’en début de soirée, moment où nous nous mettons en quête d’une épicerie et d’un endroit où coucher.

L’épicerie est parfois un irritant, surtout quand la journée a été difficile et que nous ne pouvons nous mettre d’accord sur ce que nous voulons manger. Philippe se plaint que l’on mange trop de viande. De mon côté, j’insiste pour que l’on n’oublie pas le dessert. Ludovic se casse la tête pour faire un repas équilibré avec tout ça. L’appel de la faim finit rapidement par nous amener à des compromis très satisfaisants. Après ces dures journées, les sacs à provisions bien remplis, nous cherchons à nous loger. Selon, l’endroit et les conditions climatiques, nous couchons dans un camping, dans un motel ou chez l’habitant. Depuis quelques nuits, nous préférons même directement loger sur le terrain d’un particulier qui, bien souvent, nous accorde l’accès aux services essentiels. Nous allons alors cogner aux portes et demandons l’autorisation de planter nos tentes. Cette formule est plus chaleureuse. Elle est aussi sécuritaire, tout en nous offrant l’occasion de rencontrer des gens bien sympathiques.

D’ailleurs, ce soir nous avons été accueillis de belle façon sur un ranch. Nos tentes sont placées entre l’enclos des chevaux et le poulailler. Il n’y aura pas de grasse
matinée demain matin ! Ce qui compose vraiment nos journées, ce sont les petits moments d’intense liberté indescriptibles… comme le vent qui nous pousse dans le dos, un coucher de soleil, des fous rires…Ce sera le sujet du prochain journal de Ludovic.

Un gros merci à tous ceux qui sont venus au BBQ vendredi soir dernier, le 14 juillet. Cela nous pousse à ne pas lâcher et à continuer notre rêve jusqu’au bout.

Pierre-Olivier.

Petits commentaires du coordinateur :

Comme j’ai accumulé un peu de retard dans l’émission de cette nouvelle, j’en profite pour faire une rapide mise au point sur leur avancement. Depuis leur départ dimanche matin à huit heures de St-Lambert, nos cyclistes ont traversé la province de Québec en passant par Nicolet, la ville de Québec, et ensuite sur la rive nord du fleuve St-Laurent en faisant étape à Baie-St-Paul, pour passer ensuite à Cap-à-l’Aigle et St-Siméon, prenant le traversier jusqu’à Rivière-du-loup. Ils se sont dirigés ensuite et arrêtés à Trois-pistoles, Mont-Joli et Amqui, dans la vallée de la Matapédia. Ils sont passés finalement au Nouveau-Brunswick en faisant leur halte d’étape le 21 juillet à Dalhousie. Ils tiennent un rythme très élevé, ce qui les place bien en avance sur la planification initiale. Les cotes de la rive nord semblent avoir été plus difficiles à gravir que celles des Rocheuses en raison de l’inclinaison particulièrement forte des pentes!

Nos cyclistes se retrouvent depuis le 13 juillet dans la région de l’est du Canada, à la période des vacances. La région est très visitée par les touristes. Ils auront donc plus de monde sur la route et certainement plus de difficultés à identifier des sites de camping vacants. Ils semblent aussi rencontrer les «filles de la construction » qui n’ont souvent rien à voir avec le métier, mais qui prennent plutôt leurs vacances les deux dernières semaines de juillet, en même temps que les travailleurs de la construction! Elles ne manquent pas d’attrait non plus! La pratique de la bicyclette, même à trois, offre aussi des occasions de solitude et de réflexion intense qui semblent bien appréciées. Attention à leur retour… aux idées savamment mijotées.

La prochaine étape devrait les amener jusqu’à Bathurst, Nouveau-Brunswick. Une réception spéciale leur sera offerte à l’Hotel de ville. Quelle vie trépidante!

Auteur: Philippe Glorieux, le coordinateur
Lieu: St-Lambert, Québec (Message du coordinateur)
Kilomètres parcourus: 4340

Les étapes se succèdent depuis le six juin, date du départ de Vancouver, ramenant progressivement nos coureurs vers le Québec. Avec une moyenne de plus de 150 km dans les dernières étapes, en Ontario, leur arrivée s’est en fait précipitée les derniers jours. Marqués d’un vif désir d’autonomie, nos cyclistes, n’ayant pas encore été mis sur surveillance satellite, utilisent leur cellulaire avec grande parcimonie, laissant aux amis et parents le soin de démontrer à leur tour leur efficacité organisationnelle. Ce fut un réel plaisir que de voir la ruche bourdonner pour nous apporter un grand moment de cette expédition. L’équipe de soutien a bien démontré sa présence pour le plaisir de tous. Quoique le programme des activités avait été préparé assez à l’avance, le temps de le mettre en route a été finalement déclenché le mercredi à midi (12 juillet) pour une arrivée à St-Lambert en début d’aprè-midi le 14 juillet. La participation efficace d’Angèle, de Lucie, de Jean, de Dominique, d’Adeline, de Philippe et, non le moindre, de Robert Bourguignon, le responsable des sports de St-Lambert, a permis de marquer le passage de nos champions!

L’arrivée des cyclistes s’est fait quelque peu attendre. Subissant le blackout total des transmissions en zone d’approche de St-Lambert, les avancées de contact rapproché de Philippe et Marcel en vélo ont été vaines. Déboulant in extremis à trois heures trente dans leurs foyers respectifs, les cyclistes, après une bonne douche, se présentent frais et dispos pour signer le Livre d’or à Brossard, à quatre heures, en compagnie du Maire adjoint. Ils se sont soumis assez facilement aux questions des journalistes. La séance de photos n’a pas sembler leur déplaire! Le programme s’est ensuite poursuivi à St-Lambert, dès six heures du soir. Le maire Guy Boissy et plusieurs représentants municipaux étaient présents pour féliciter nos coureurs et partager leurs expériences. La signature du Livre d’or et la présence d’un buffet bien arrosé en compagnie de plusieurs supporters complètent l’accueil officiel du trio arrivé au trois-quart de la distance de leur expédition.

Le soleil nous a fait l’honneur de sa présence, nous permettant de tenir sans problème un BBQ à l’extérieur de l’aréna, au parc de l’Espérance. Plusieurs dizaines d’amis et de parents, encore en ville, ont pu avoir de vive voix les impressions les plus marquantes de cette partie du voyage. Trois BBQ transportés par Jean ont fourni sans répis les hamburgers et les hot dogs amenés par Angèle et Lucie. Des cuistots improvisés ont facilement répondu aux demandes. L’assaut des moustiques a quelque peu accéléré la fin des festivités, les fêtards devenant, vers dix heures du soir, le festin de ces bestioles mal apprises.

Suite à une nuit logée en tout confort, la journée de samedi a permis de faire les grands lavages des vêtements et de procéder à l’entretien des vélos chez Néron Sports inc. C’était aussi l’occasion de préciser la suite du tracé du voyage et d’apprécier les expériences vécues au cours des 4500 km roulés jusqu’ici. La forme physique des coureurs, leur santé et leur moral nous sont apparus très solides pour compléter dans les meilleures conditions la fin de ce voyage dès le dimanche matin. La masse musculaire des athlètes s’est d’ailleurs bien développée depuis leur départ. Ludovic prétend avoir pris cinq kilos, ce qui n’est pas un luxe dans son cas! Le temps maussade accompagne le départ des cyclistes le dimanche matin, à huit heures, sous l’attention de Lucie et Dominique, ainsi que d’Annick et Paul.

Encore quelques bonnes étapes à rouler pour compléter le trajet à Halifax le 28 juillet prochain, en avance de onze jours sur le calendrier initial! Qui en aurait douté ?

Auteur: Ludovic
Lieu: Lac Supérieur, Ontario
Kilomètres parcourus: 3400

Nous voilà maintenant, après quatre jours de marche forcée, embarqués à Thunder Bay sur le Canadian Miner, un bateau cargo chargé de grains de l’ouest canadien. Cette étape maritime nous sauve, en fait, trois étapes qu’on appelle ici les Rocheuses de l’Est, section où la route transcanadienne est plus étroite avec un trafic de poids lourds dangereux pour les cyclistes. Cependant, les matelots ont vite fait de nous surnommer les «cheaters», parce qu’on évite, en voyageant sur leur bateau, toute la partie nord du lac Supérieur! On est bien informé ou on ne l’est pas! Nourris et logés comme des rois, nous sympatisons avec l’équipage et nous nous familiarisons à son fonctionnement et son organisation. À l’encontre de certaines expériences rapportées sur les conditions de vie de la marine marchande, la nourriture à bord y est ici excellente. Les repas sont servis à toute heure du jour ou de la nuit. Même les plus gros (et forts!) matelots ont été impressionnés par l’appétit vorace de Phil!

Par contre, le voyage de Winnipeg à Thunder Bay n’à pas été de tout repos. Nos journées étaient longues, comprenant des distances moyennes de l’ordre de 160 km, dont une étape de plus de 190 km. De tels contrats nous gardaient sur nos vélos jusqu’à sept, et même huit heure du soir! Heureusement que le soleil se couche très tard à cette saison! Pris dans cette course folle, les Ontariens furent d’un grand soutien pour résoudre nos ennuis quotidiens. L’un nous conduisant au camping le plus proche, alors que nous étions prêts à planter notre tente sur la place publique, l’autre nous aidant à réparer la Xième crevaison (il y a des progrès techniques à faire dans ce domaine) et le troisième nous prêtant son matériel de cuisine pour accélérer le processus de préparation du repas. Nous en sommes même arrivés à avoir deux endroits où loger à Thunder Bay! Dans les difficultés, ce sont des gestes comme ceux-ci qui revigorent la flamme du voyage. Bien heureux d’être en contact avec tant de monde, il est souvent difficile de se séparer des endroits agréables où nous passons. Accueillis chez les uns et les autres, nous y créons rapidement notre «home sweet home» que notre vie de nomade ne nous permet pas d’apprécier assez longtemps. Souvent tristes de laisser des gens qui ont tant à communiqueret tant à nous offrir, il faut reprendre la route et regarder en avant!

En voyage, tout passe tellement vite qu’il faut être constamment à l’affût des petits moments qui font de ce long périple, un voyage inoubliable. Nous passons, même déjà maintenant, quelques fois du temps à se remémorer nos bons moments des premières étapes. Choyés enfin par la température, il fait beau et chaud à longueur de journée. À part les moustiques qui nous attaquent par millions, nous profitons du soleil et de ses bienfaits. Le lac Supérieur est splendide. Le soleil couchant y est magnifique, donnant à l’horizon des teintes allant du bleu jusqu’au mauve. La brise sur le pont est agréable; le congé à bord est très apprécié!

Sous peu, nous allons accoster, prêts à reprendre la route et parcourir, dans les sept jours à venir, les 1000 km qui nous séparent encore de Montréal. Désolés de quitter le Capitaine et son équipage, ainsi que cet environnement des plus relax et paisible,
nous reprenons la route, mais seulement après avoir fait honneur au « super souper » préparé par la cuisinière en chef! Nous débarquons donc à Saul-Ste-Marie, devant une foule venue nous accueillir (ils sont plutôt là pour voir le bateau passer!) tous bien curieux de voir des matelots aussi jeunes! C’est tout comme un deuxième départ…

Auteur: Philippe Glorieux, le coordinateur
Lieu: St-Lambert, Québec (Message du coordinateur)
Kilomètres parcourus: 3400

Les priorités sont ce qu’elles sont.. et pour une expédition à bicyclette à travers le Canada, c’est finalement le coup de pédale régulier qui compte plutôt que la rédaction des textes! Alors, c’est une question d’un peu de patience, la livraison
de vos nouvelles trépidantes ne va plus tarder, car l’évolution de l’expédition se poursuit à une très bonne cadence.

Le programme initial se tient à très peu de choses près, puisque les cyclistes sont arrivés hier soir à Thunder Bay, en Ontario, sur la rive ouest du lac Supérieur, pour une distance de ville à ville de l’ordre de 3400 km, depuis Vancouver. La distance réelle parcourue frise certainement les 3850 km, probablement. Pour comparaison, au tour de France, lancé il y a quelques jours seulement, les coureurs feront quelques 2500 km. Alors. avec moins de tappage, nos coureurs en ont fait déjà plus, avec sacoches, sans voiture
d’appui et sans masseurs à destination!

Après la belle description des Prairies que nous a proposé Philippe (27 juin, Grenfell, Saskatchewan, 19ième étape, 2418 km parcourus), les coureurs ont donc avalé un autre 1000 km pour atteindre maintenant près de 50% du trajet! Et oui, ils ont franchi la mi-parcours après 31 jours depuis le départ, jours de congé compris. La moyenne devrait être de l’ordre de 130 km par jour, avec 40 livres (18 kg) dans les sacoches, c’est quand même un effort soutenu!

Le moral est bon. La santé reste forte (pas de rhume ou autre désagréments). La condition physique est excellente! Comment pourrait-il en être autrement? Comme check-up, c’est assez extrême… à côté des efforts sur tapis roulant et bicyclette stationnaire, les médecins rêveraient de faire des évaluations de ce genre.

Les conditions atmosphériques se sont bien améliorées aussi. Le soleil brille maintenant
depuis cinq jours, mais le vent continue malgré tout à souffler plutôt de face… ce qui n’était pas prévu! On a monté l’expédition expressément à partir de Vancouver pour avoir le vent d’ouest dans le dos, et non de l’est, ce qui rend la vie beaucoup plus difficile à nos coureurs. Le temps de roulage est plus long de près de 2 heures, passant de 5 heures à 7 heures de vélo, pour une moyenne passant de 25.0 kmh à 17.9 kmh, en effort! Imaginez un peu la sueur, la tension aux mollets, la bouche sèche, le visage fouetté et 2 heures de vélo à faire. La tente doit ensuite se monter très rapidement. Les repas servis en gamelle doivent être quelque peu accélérés. Il y a toute une expérience autour de ces activités qui devra nous être racontée.

Les contacts avec les gens du pays et les voyageurs restent toujours bons. Ils ont d’ailleurs été accueillis à Thunder Bay chez des personnes qu’ils ont rencontré lors d’une de leurs haltes. Les prochaines nouvelles nous parviendront de bateau, car ils vont réaliser la traversée du lac Supérieur, immense mer intérieure très peu fréquentée, sur
un cargo, le Canadian Miner (Upper Lakes Group), qui a bien voulu les prendre à bord pour cette croisière assez unique de 24 heures. Cette croisière va les mener à Sault-Ste-Marie, la cité de la sidérurgie, en Ontario.

En attendant la suite… Si vous êtes en vacances, n’oubliez-pas de continuer à consulter votre courier électronique, car il reste un autre 50% à compléter; à faire; à pédaler!

Les photos des premières étapes sont arrivées. Vous devriez en voir incessamment sur notre site internet.

Auteur: Philippe
Lieu: Grenfell, Saskatchewan
Kilomètres parcourus: 2418

La nature à l’état pur. Tout autour, à perte de vue se déroulent des champs de moutarde, de canola et de blé. Des tapis de contrastes de jaune, vert et beige. C’est bien ça qui fait la beauté des prairies. Ici, on peut voir que la terre est ronde! Voilà probablement un nouveau point d’attraction touristique pour la région.

Sur quatre-vingt kilomètres, on a croisé quelques vaches, une ferme et un petit village. C’est aussi l’occasion qui nous est offerte d’arrêter pour faire le plein d’eau, dîner ou camper, selon le moment de la journée. Ces lieux et ces gens nous donnent fou le charme de la région. Pour nous, citadins, le temps ne passe pas à la même allure. Le petit aspect western d’antan, avec le magasin général, une pompe à essence et les maisons de bois, reste bien réel, partie intégrante du quotidien. Dommage que je n’ai aucun talent en dessin, mais ma cousine Marilou y trouverait son compte. Je suggère que Marilou exprime son talent à partir des multiples photos que j’ai prises. Surveillez le site internet car les premières photos vont très bientôt y être présentées. Pour terminer, la température est très imprévisible dans le coin. Ah! ce climat continental est capricieux et rude. Hier, suite à une journée ensoleillée, nous nous sommes fait prendre par une douche, lors de la préparation de nos fajitas. Le plat baignait dans l’eau et nous étions complètement mouillés! Mais, on a le temps de s’en remettre et de profiter par la suite de la douceur de son sac de couchage bien sec.

Philippe.

Poursuivons la tradition, avec les petits commentaires du coordinateur, à St-Lambert :

- L’expédition se poursuit avec vigeur puisque nos trois cyclistes gardent jusqu’à présent bon œil et bon coup de pédale. Leur allure est cependant un peu ralentie depuis l’arrivée en Saskatchewan, car le temps change très vite du soleil à la pluie, et que les vents viennent paraît-il plus du Nord, alors que nous anticipions des vents «porteurs» de l’Ouest. La solution à cette situation: pédaler plus fort!

- On en parle dans la presse : le journal de Vernon, en Colombie-Britannique (voir 3ième nouvelle) a fait paraître un article élogieux sur l’audace de nos cyclistes et les a aussi qualifiés de très bons ambassadeurs de notre municipalité de Saint-Lambert!

- La prochaine étape passera par Whitewood et Moosomin….Je vous assure qu’ils ont avantage à avoir des réserves plein les sacoches, car les points d’approvisionnement se font très rares dans cette région, toujours située dans les immenses étendues de la Saskatchewan;

- La question du spermophile a été bien résolue par deux répondeurs soit Minie, de Belgique, et Raymond, du Québec, en référant au Larousse et au site internet nature.ca. Il s’agit, en résumé, d’un type d’écureuil particulier à cette région, qui reste au sol, et qui se fait un trou comme logement. Pourquoi pas?

Auteur: Pierre Olivier
Lieu: Chaplin, Saskatchewan
Kilomètres parcourus: 1815

Souvent, au cours de notre voyage, nous faisons allusion aux distances que l’on parcoure, aux villes, et aux gens que nous rencontrons. Mais en fait, le voyage est fait de petits moments de bonheur, d’anecdotes parfois drôles, souvent cocasses. Aujourd’hui, je vais vous raconter comment nous avons été inités au fameux steak des Prairies.

Hier soir, en finissant notre journée, nous avons rencontré un gars du coin (soit la ville de Tompkins, en Saskatchewan) d’une vingtaine d’années, qui est venu nous tenir compagnie au souper. Il nous a appris que le steak par ici était le meilleur. Philippe, pour le défier, l’avise qu’il en aurait bien pris un pour le déjeuner. La discussion ne va pas plus loin. Nous allâmes nous coucher pour une longue nuit de sommeil, du moins c’est ce que l’on pensait… A quatre heures et demi du matin, je me suis réveillé en sursaut par un vacarme à quelques pas de ma tente. Pris de panique, je sorti mon poivre de cayenne avec l’intention de m’en servir contre cette chose qui était venu déranger mon sommeil. Alors, j’entendis une voix me demander : « steak or ribs » (à lire en anglais, car la langue française n’a pas vraiment d’équivalent pour décrire une pièce épaisse de cinq centimètres, aussi large que deux paumes de main de cow-boy!). J’ouvrai ma tente et parti à rire. Notre visiteur d’hier, un peu saoul, avait traîné son BBQ jusqu’au bord de nos tentes et faisait cuire des steaks! C’est ainsi qu’à cinq heures du matin, nous avons mangé les meilleurs steaks de nos vies, ce qui nous permis de faire toute une journée de 170 km. Maintenant, si vous vous voulez bien m’excuser, je crois que nous allons aller nous coucher. Après tout, qui sait ce qui viendra nous réveiller demain pour commencer une nouvelle journée pleine d’imprévus et de moments inoubliables?

Pierre Olivier.

Notre expédition est ponctuée de moments, d’incidents, de situations qui, l’air de rien, font partie de notre quotidien pour nous qui ne logeons que rarement deux fois à la même place! Je vous partage dix de ces moments et je les soumet à votre réflexion ! :-)

1.À la mise en route de notre réchaud d’appoint, s’il y a trop de gaz qui s’échappe avant d’y mettre l’allumette, on peut se brûler les sourcils…
*On attend avec impatience les premières photos des cyclistes pour identifier leur visage et savoir qui fait le plus souvent la cuisine!*

2.Après trois jours au soleil, la margarine n’a plus le même goût… Pourrait-elle être recyclée pour huiler les chaînes de vélo?
*Si un expert en la matière (un des lecteurs assidus) pourrait s’exprimer rapidement sur cette question d’ordre environnemental et technique…et budgétaire… et culinaire…pour une vieille recette…*

3.J’aime bien les automobilistes quand ils klaxonnent pour nous encourager, sauf quand on s’arrête pour faire pipi…
*La vie privée n’existe plus. C’est la rançon de la célébrité!*

4.On ne fête pas la St-Jean à Régina… Ben là, je suis déçu!
*Nos cyclistes n’ont pas eu l’occasion de rencontrer des franco-saskatchewanais qui, s’ils avaient consulté notre site internet, auraient pu démontrer leur ferveur! C’est à approfondir! Aux lecteurs assidus, je prend ici l’occasion de rappeler l’autre dimension
de l’expédition et j’en profite pour vous demander deux choses :
1- Y-a- t’il des francophones à Régina ou ailleurs sur la section du parcours dans les Prairies qui seraient intéressés à leur faire valoir leur expérience? L’occasion est maintenant offerte!

2- Vous avez, en tant que lecteur, un rôle important à jouer en transmettant l’adresse du site et ces messages de manière à ce que les gens sur le parcours puissent rencontrer les trois cyclistes, faire connaître leur région, et faire un bout de bicyclette avec eux! ou leur donner un coup de main. L’intérêt de l’expédition, au sens d’expérience enrichissante, dépend de ces liens tissés au fil des kilomètres… C’est écrit dans le plan de l’expédition. À vous de jouer!*

5.Le train suit la transcanadienne et donne des coups de sifflets, même la nuit…
*Je ne peux savoir quel effet psychologiques ces cris stridants poussés en plein milieu de la nuit peuvent avoir sur les cyclistes. Faudrait-il en parler à la direction du CN (Canadien National) et du CP (Canadien Pacifique)?*

6.Les anglophones sont incapables de prononcer Pierre Olivier et Ludovic…
*Les chinois probablement pas plus! Ce qui ne manque pas nécessairement de charme. Ça dépend de qui le dit et comment c’est dit évidemment!*

7.Il faut être capable de [...] Philippe…
*Le texte qui m’est parvenu sur la messagerie vocale (boîte vocale) était complètement inaudible à cet endroit. En attendant que P.O. me précise ce bout de texte, je laisse votre imagination faire son oeuvre! Laissez-moi sur le site ce que, à votre
avis, P.O. aurait pu nous dire sur Philippe…*

8.Les petites bêtes écrasées, que nous croisons sur le bord des routes, s’appellent des spermophiles.
*Je l’ai écrit spontanément comme celà. Mais à en regarder l’étymologie, je ne vois pas très bien à quoi peut ressembler l’animal, surtout sur le bord d’une route! Mais, est-ce seulement un animal? (J’avoue que P.O. doit nous mener sur une fausse piste… serait-ce plutôt spermofils, spairmofeel, spairmophil, spare-no-feel, spare-no-fill…ou aussi ‘spère mon fils!!!??? Les lecteurs mieux avisés devraient me faire valoir leur connaissance en la matière. Merci d’avance.*

9.Ici, c’est plate, les gens se donnent des accolades plutôt que des becs…
*Ben là, c’est une question de s’adapter aux coutûmes locales et d’y trouver la raison!*

10.Les Québécoises sont les plus belles!
*Il faut partir au loin pour s’en rendre compte…et pour mieux revenir!*

*J’espère pour vous, chers lecteurs, que les prochaines anecdotes de nos vaillants cyclistes, ne m’entraîneront pas à rallonger le texte aussi allègrement que cette fois-ci. C’était tellement tentant, que je n’ai pu y résister!

P.S. : À titre d’information, pour ceux qui vivent loin du Canada, la fête de la St-Jean Baptiste, le 24 juin, est la fête de tous les québécois. Ce jour est chômé seulement au Québec.*

Auteur: Ludovic
Lieu: Bassano, Alberta
Kilomètres parcourus: 1640

Nous avons quitté ce matin Calgary pour nous retrouver à Bassano, une bourgade perdue au milieu des Prairies. Nous avons passé du bon temps à Calgary. Ca a été une très belle expérience. Loger au chaud et au sec chez les Rice, nous avons passé deux journées reposantes à visiter les grands sites de la ville du pétrole et du stampede tels que Saddle Dome, Calgary Tower, Seventienth av, Oh River et flâner dans le centre ville même. Il est difficile ce matin de se défaire de cette atmosphère relaxe et presque familliale. Et nous voilà quand même partis sur la route en direction est.

Nous voilà aussi à nouveau tous les trois, à partager chaque moment. Et c’est une expérience qui n’est pas rose tous les jours. Il faut dire que les beaux moments prédominent quand même sur les moins agréables. Il est dur à longueur de journée de satisfaire tout un chacun, d’être agréable et de faire valoir son point de vue le moment venu. Faire des concessions, tout en étant fidèle à son caractère et à ses sautes d’humeur provoque quelque fois des conflits. Le réveil est un moment particulier où P.O. prend un malin plaisir à nous emmer… Jusqu’à maintenant aucune conséquence grave n’a résulté de ces réveils pénibles de Phil et de moi-même. Par contre, la mauvaise température et les journées difficiles ont provoqué de temps à autre des guerres froides. Sarcasmes et bassesses sont nos principales munitions pour finalement signer la paix dans un mutisme définitif. Les grands moyens n’ont jamais vraiment été nécessaires et j’espère que cela restera ainsi. Nos tempéraments différents et le bon esprit nous ont permis de bien nous arranger jusqu’ici.

Pour le moment, à Bassano, nous vaquons dans l’allégresse et nous nous amusons bien. Après tout, une grande complicité s’est installée dans notre trio. Blagues et conneries font partie de notre quotidien. Je viens à l’instant d’assister à une représentation improvisée de Roméo et Juliette, interprêtée par Phil et P.O. L’un a mis de sa crême à raser, l’autre est à moitié nu. L’entourage s’est quand même demandé quelle bande de joyeux lurons nous faisions. Finalement, on s’aime bien!

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Les petites précisions du coordonateur:

- La famille Rice, dont les portes se sont ouvertespar les recommandations de madame Gill Lacoursière,conseillère municipale à St-Lambert, est très impliquée dans le sport, et en kayak particulièrement, puisque leur fille fait de la compétition à un niveau international. La spontanéité autant que la qualité de leur accueille ont été très appréciés par les cyclistes;

- Un peu d’histoire de la conquête de l’Ouest. Fort Calgary est fondé en 1875 et fut rapidement un grand centre d’élevage, dès l’arrivée du chemin de fer en 1885! Et voilà, à peine plus de cent ans après, les cowboys et le stampede (courses de chariots, compétitions de domptage de chevaux et de taureaux) font toujours l’événement au mois de juin. La découverte du pétrole dans la région, en 1914, va transformer rapidement la ville pour en faire un centre pétrolier international très réputé. Le Congrès mondial du pétrole vient de s’achever à Calgary la semaine dernière;

- Plus loins dans l’histoire, les mastodontes des marécages de l’Alberta, pas loin de Bassano et de Brooks, déplaçaient leurs 3 à 4 tonnes en quête d’herbe pour compléter leur festin. Le parc provincial dinosaure abrite de très beaux spécimens…fossilisés.

Le temps a été très chaud et sec, avec plus de 30°.

Auteur: Philippe
Lieu: Banff, C.B.
Kilomètres parcourus: 1336

Que sommes-nous au milieu des Rocheuses, à côté des sommets enneigés de plus de 3 000 mètres d’altitude? Trois petits cailloux qui roulent, en suivant le trafic sur le bord de la transcanadienne. Des paysages majestueux nous fascinent de tous les côtés, d’une telle beauté qu’on aurait dit artificielle.

L’ascension nous demande des efforts soutenus, autant physiques que moraux. On retrouve notre raison d’être et l’énergie à les gravir par tous les encouragements des gens que l’on rencontre. Il arrive même que des gens nous reconnaissent pour avoir visiter antérieurement notre site internet, comme ces deux québécois qui faisaient leur épicerie en même temps que nous. De toute façon, une fois le sommet de la montagne atteint, au pic, les montagnes que l’on surplombe ne sont alors plus que des cailloux, et le monde des grands est à nous.

Philippe Lombart

*Les petites notes Philippe Glorieux, ici, au Québec*
Les cyclistes sont tombés, de toute évidence, sous le charme des panoramas époustouflants. Ces paysages uniques font d’ailleurs courir les touristes du monde entier. Le bon goût n’a donc pas encore totalement disparu. MacDonald et comparses de la grande distribution ont pu, pour combien de temps encore, en être refoulés.

Le rôle de vedette, non seulement ne dérange pas nos grimpeurs, mais paraît leur donner des poussées d’adrénaline, jusqu’ici très stimulantes!

Pour soutenir votre intérêt, et compléter votre connaissance de la région, l’ajout des quelques informations d’ordre géographique devrait satisfaire votre profond désir de mieux figurer le décor dans lequel nos acteurs se défoncent :

Le col Rogers, à 1 320 mètres, situé dans le parc national Glacier en Colombie-Britannique, a été le point culminant de l’expédition. Le parc porte bien son nom puisqu’on en dénombre plus de cent! La route serpente tout au fond des ravins ou grimpe de fortes parois. Je n’y ai jamais été, mais c’est le guide de la route du Canada, publié par le CAA, qui m’en informe aussi!

À quelque distance de là, le parc national Yoho, sur le flanc ouest des Rocheuses et limite est de la Colombie-Britannique, comprend plus de trente sommets dépassant 3 000 mètres. Le col Kicking Horse, à 1 625 mètres, laisse le passage à la route et au chemin de fer. Il définit aussi la ligne de partage des eaux entre la Pacifique, l’Articque et l’Atlantique.

Nos cyclistes ont donc franchi avec brio la section la plus accidentée de l’expédition, dans des conditions de pluie et de température allant de 0oC, la nuit, à 15oC, le jour. Dès ce soir, à Calgary, ils auront accompli 17% de la traversée, représentant une distance de ville à ville estimée à 1 181 km, depuis leur départ de Vancouver le 6 juin.

Le trio progresse selon la planification, en appréciant apparemment aussi les lieux autant que les gens.

Le temps reste encore maussade, avec une légère pluie. Depuis Golden, des problèmes de transmission cellulaire et la faiblesse des batteries les ont empêchés d’envoyer plus régulièrement le carnet de route. Les cyclistes souhaitent aussi une bonne fête à leur père. ;-)

Étape du 18 juin : Banff – Calgary, 129 km + une journée de tourisme dans la ville du pétrole.

Auteur: Pierre Olivier
Lieu: Revelstoke, C.B.
Kilomètres parcourus: 990

Il pleut. Il fait froid. Les jambes sont lourdes et les montagnes avec leurs sommets enneigés, effrayantes. Alors pourquoi faire ce voyage? Comment expliquer que nous sommes entrain de vivre les plus beaux moments de notre vie et que chaque jour qui passe est rempli d’événements et de paysages inoubliables, que je conserve précieusement en mémoire.

Ce voyage, je le fais d’abord pour moi, pour le plaisir et le goût de l’aventure. Mais ce qui donne un sens à notre expédition, ce qui nous pousse à avancer dans les moments les plus durs, c’est l’encouragement et le support de tous les gens que l’on rencontre. Nous nous faisons régulièrement klaxonner sur la route. Les gens que nous rencontrons veulent tous savoir ce qui nous pousse à relever un défi de la sorte. Nous n’avons pas encore trouvé de réponse à cette dernière question, mais selon moi, juste de voir l’étonnement sur leurs visages quand nous mentionnons notre destination finale, vaut les plus durs efforts.

Dans quelques jours, nous quitterons la Colombie Britannique pour les Prairies. Mais ce qui m’aura le plus frappé des gens d’ici, c’est la spontanéité avec laquelle ils viennent nous parler et nous aider. L’accueil exceptionnel des gens de Vernon, le somptueux souper que nous ont offert les Brooks, en passant par ce fermier qui nous a amenés jusqu’à une boutique de vélo lors d’une de nos nombreuses crevaisons, tous nous ont prouvé que la Colombie Britnnique mérite bien son slogan «Beautiful British
Colombia»!

Tout se passe donc super bien. L’ascension réelle des Rocheuses commence ce 14 juin.

Pierre Olivier

Prochaine étape : Revelstoke/Roger Pass 69 km. C’est aussi le sommet du passage des rocheuses, à près de 3500 mètres. Belle ascension en perspective dans des conditions météorologiques encore difficiles, soit nuageux avec quelques averses et un maximum de 17 degrés Celcius.

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Les petites précisions du coordinateur:

1-La ville de Vernon a des ententes d’échanges avec la ville de St-Lambert. C’est l’occasion de remercier le maire de St-Lambert, Monsieur Guy Boissy, et la conseillère municipale, Madame Gill Lacoursière, pour les contacts qu’ils ont très spontanément établi avec le maire et le comité d’accueil de Vernon;

2-À Vernon, il y a aussi Mélanie Trudeau, un peu oubliée dans ce texte volontairement très succinct. Mélanie est une amie et collègue de classe à Durocher des trois cyclistes, qui étudie là-bas depuis septembre dernier. Elle a certainement participé et contribué à cet accueil dont nous aurons plus de détails ultérieurement!

3-Les Brooks, dont P.O. fait référence, sont des amis de longue date de la famille Glorieux. Cela remonte aux années soixante-dix, à Beyrouth, au Liban! Ils étaient, entre autre, des passionnés de safaris, desquels ils ont accumulé avec le temps une collection de trophées assez unique.

Auteur: Ludovic
Lieu: Kelowna, C.B.
Kilomètres parcourus: 750

Petite note : le coordinateur, à Montréal, Philippe Glorieux, abusant de sa situation privilégiée, s’est accordé la liberté d’insérer, à l’occasion, des remarques,identifiées par des étoiles (*), plus ou moins humoristiques dans les textes rapportés par les cyclistes téméraires. Il n’est absolument pas nécessaire que les lecteurs, vraiment passionnés par les événements de cette grande expédition, offrent leur avis sur cette question!

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Cela fait 5 jours que nous avons quitté Victoria et la température ne se montre pas du tout clémente. La pluie et le froid font maintenant partie de notre quotidien. Afin de contrer les éléments, nous glissons des feuilles de papier journal dans nos vêtements pour se garder au sec et éviter de prendre froid en descente. La même technique s’applique pour faire sécher les souliers, la tente etc.
*Il faut reconnaître qu’à l’heure des matériaux synthétiques ultra légers, ultra onfortables et ultra chers, certaines bonnes recettes utilisées par nos grands-parents, les miens, au début du Xxième siècle, semblent encore faire partie de la panoplie du petit débrouillard!*

De plus, nous avons dû gravir pendant deux jours des côtes sur plusieurs dizaines de kilomètres; de quoi bien nous préparer pour les rocheuses. Il est à noter que notre Philippe national nous à flanqué cinq crevaisons, toutes plus inusitées les unes que les autres, et ce, en moins de 10 km! Certains ajustements techniques ont donc été de mise.
*Mais quels moyens ont-ils utilisés? Ma curiosité, et la vôtre aussi, est piquée au vif. J’essaierai donc d’en savoir plus sur ce sujet critique.*

Nous voilà maintenant dans la vallée de l’Okanagan, en Colombie-Britannique, toujours affublés de papier journal. La nature est imposante, les rocheuses qui nous entourent impressionnantes. En espérant que cela se réchauffe, le moral en profitera aussi.

Pierre Olivier, qui vient de compléter sa première année en multimédia au Collège Maisonneuve, vient d’apprendre qu’il a gagné un premier prix pour la réalisation d’un site sur la contraception… Cette nouvelle lui a tiré un sourire hier dans la soirée. Cela faisait un bon bout que cela n’était pas arrivé. On se rend compte à ces occasions combien la préparation de l’équipe est complète et diversifiée, leur permettant d’affronter tous les obstacles qui peuvent surgir à tout moment au cours des 7000km à travers les régions isolées. Tous les lecteurs en sont certainement épatés. Je ne peux cependant pas vous dire si un des cyclistes à une expertise en zoologie! ;-)

Auteur: Le trio
Lieu: Vancouver, C.B.
Kilomètres parcourus: 105

Bonjour à tous,

nous sommes à Vancouver depuis maintenant 3 jours etnous avons consacré la majeure partie de notre temps à visiter. Il faut dire que tout est magnifique par ici; les montagnes d’un cote et la ville de l’autre. Nous résidons à une auberge de jeunesse en banlieu de Vancouver; c’est surprenant le nombre de francophones que l’on rencontre! Nous avons visité le centre-ville ainsi que Stanley Park qui offre une vue à couper le souffle sur les montagnes tout autour! Dire qu’il faudra les traverser dans quelques jours! Nous prévoyons aller à Victoria demain et commencer notre route vers l’est dès mardi matin.

Les gens de Vancouver sont sympatiques et très respectueux à l’égard des cyclistes. La temperature est parfaite, du beau soleil sans l’ombre d’un nuage. Espérons que cela se poursuive… mais le vrai defi commencera dans 2 jours avec les Rocheuses.